Une bénévole pour la conservation extirpe les petites pervenches, propriété Lathrop, Ont. (Photo de CNC)

Une bénévole pour la conservation extirpe les petites pervenches, propriété Lathrop, Ont. (Photo de CNC)

Plantes envahissantes, prenez garde! Les brosses à bottes sont arrivées!

Brosse à bottes et panneau d'information Jouez, Nettoyez, Partez au parc national des Lacs-Waterton, Alb. (Photo de Parc national des Lacs-Waterton)

Brosse à bottes et panneau d'information Jouez, Nettoyez, Partez au parc national des Lacs-Waterton, Alb. (Photo de Parc national des Lacs-Waterton)

Drew Dostaler est la stagiaire nationale 2019 en mobilisation en conservation à Conservation de la nature Canada (CNC) et est basée en Alberta. Elle étudie actuellement à l’Université de Calgary en vue d’obtenir un baccalauréat ès sciences en géographie physique. Ce diplôme spécialisé a attisé sa passion pour les problématiques environnementales et sociétales, comblant l’écart entre ces deux sujets.

Chaque année, Conservation de la nature Canada (CNC) rassemble des groupes de bénévoles passionnés pour arracher, cueillir, étêter ou enlever des espèces envahissantes sur ses propriétés. C’est un travail fatiguant qui demande de la rigueur. Bien que des personnes dédient volontiers leurs journées à la gestion manuelle des mauvaises herbes, CNC est toujours à la recherche de nouvelles solutions. Avec environ 486 espèces de plantes envahissantes qui se répandent comme une traînée dans la nature au Canada, la seule vraie solution à ce problème aux multiples facettes est une prévention aux multiples facettes. Et personne ne prévient mieux ce problème que Jouez, Nettoyez, Partez!

Avec l’objectif de propager la nouvelle, plutôt que le problème, Jouez, Nettoyez, Partez est une initiative conjointe de gestion des espèces envahissantes appuyée par le Conseil canadien sur les espèces envahissantes et lancée par l’État du Minnesota.

Jouez, Nettoyez, Partez aborde ce problème complexe en sensibilisant les amoureux de la nature aux meilleures pratiques en ce qui concerne l’inspection de leur embarcation, le transport du bois de chauffage, l’identification et le signalement d’espèces envahissantes, l’utilisation de plantes indigènes dans leur jardin et l’importance de nettoyer leur équipement après utilisation. Les amateurs de plein air peuvent, sans le savoir, répandre des mauvaises herbes ou leurs semences présentes dans de la boue, de la terre, des plantes ou dans les rainures de leurs semelles ou de leurs pneus, ce qui pourrait altérer radicalement des habitats indigènes. C’est pourquoi Jouez, Nettoyez, Partez travaille d’arrache-pied pour stopper les espèces envahissantes!

Chenille sur un plant d'euphorbe ésule, une plante envahissante (Photo de CNC)

Chenille sur un plant d'euphorbe ésule, une plante envahissante (Photo de CNC)

Alors, pourquoi se donner la peine de lutter contre les espèces envahissantes si cela demande de faire un effort supplémentaire et de nettoyer en plus tout votre équipement? Pour commencer, les espèces envahissantes supplantent les plantes indigènes en poussant plus vite, plus haut ou plus profondément. Cela a pour effet d’altérer l’écosystème naturel et peut perturber les habitats où se nourrissent des animaux herbivores comme le cerf et le wapiti, au déclin des pollinisateurs indigènes et à la réduction de la biodiversité en général. Certaines mauvaises herbes, comme l’euphorbe ésule, ont un impact direct sur les espèces menacées, comme la tradescantie de l'Ouest, en formant des peuplements denses et exclusifs et en envahissant les habitats avec leur système de racines traçantes et persistantes.

En plus de réduire la biodiversité et de perturber les écosystèmes indigènes, les plantes envahissantes peuvent infester des champs agricoles et rendre des terres indésirables, entraînant chaque année des pertes de milliards de dollars à la population canadienne. Ces coûts proviennent principalement du confinement et du contrôle, des pertes de production et de la réduction de la valeur des propriétés, et peuvent même se répercuter sur le secteur médical. Certaines plantes envahissantes, comme la berce du Caucase, ont une sève toxique qui cause une réaction cutanée phototoxique pouvant mener à des brûlures, des cloques et des cicatrices importantes. Le séneçon jacobée, une autre mauvaise herbe toxique, peut causer des dommages irréversibles au foie et même la mort chez le bétail, comme les vaches, les chevaux, les chèvres et les moutons. 

Enlèvement de plants de langue de chien et de chardon des champs par des bénévoles pour la conservation (Photo de CNC)

Enlèvement de plants de langue de chien et de chardon des champs par des bénévoles pour la conservation (Photo de CNC)

Considérant que les plantes envahissantes causent des dommages complexes, et souvent irréversibles, aux écosystèmes et aux industries au Canada, on comprend pourquoi Jouez, Nettoyez, Partez travaille sans relâche pour conserver une longueur d’avance. Que ce soit par la signature d’engagements ou la distribution de brosses pour les bottes, cette organisation tente de prévenir de nouvelles infestations à tout moment – surtout à la sortie des sentiers!

Avec le soutien de Jouez, Nettoyez, Partez, CNC a distribué des brosses portables pour les bottes lors d’activités de sensibilisation et travaille actuellement à l’installation d’une station de brossage de bottes à la propriété Hopkins, près de Drayton Valley, en Alberta. Ces stations rendent le nettoyage des bottes rapide, facile et pratique pour les randonneurs qui peuvent nettoyer leurs bottes sur place avant de partir, ce qui peut faire toute la différence pour empêcher la propagation des plantes envahissantes. Les panneaux placés au-dessus des stations de brossage donnent des informations détaillées sur la problématique et sur les plantes envahissantes à surveiller.

Bien que la route à suivre pour prévenir les plantes envahissantes s’annonce longue et sinueuse, CNC demeure optimiste et plus que jamais déterminé à impliquer les gens dans ce mouvement positif. Pour l’instant, le projet pilote de brossage de bottes se tient seulement en Alberta, mais si tout se passe bien, les amants de la nature peuvent s’attendre à trouver brosse à leur pied sur différents sites au Canada!

Le Programme de stages en conservation est financé en partie par le programme Expérience emploi été du Gouvernement du Canada.

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