2018 : une autre année de réussites en conservation

Lancement de la campagne Laissez votre signature (Photo de Shawn Pinnock/Button Factory)

Lancement de la campagne Laissez votre signature (Photo de Shawn Pinnock/Button Factory)

Cette année, Conservation de la nature Canada (CNC) a plusieurs raisons de célébrer!

Seulement pour 2018, nous avons protégé 133 485 hectares (329 949 acres), ce qui s'ajoute aux habitats naturels que nous protégeons déjà pour 32 % des espèces en péril au Canada. Durant cette année, nous avons protégé plus que jamais auparavant, des habitats naturels et des lieux qui peuvent être visités par la population, et ce, d'un océan à l'autre.

Grâce à nos activités bénévoles, à notre programme de stages, à notre série de conférences Ici, on parle nature et au lancement de la campagne de financement Laissez votre signature, ainsi qu'avec le soutien de nos partenaires, donateurs et des Canadiennes et Canadiens à travers le pays, CNC a accompli une autre excellente année pour la conservation.

Tout ceci n'aurait pas pu être accompli sans des gens comme vous. Grâce à vos dons (déductibles d'impôt), nous serons en mesure d'atteindre encore plus de nos objectifs pour 2019. Continuez de faire partie des gens qui contribuent à protéger les terres, les eaux et la vie sauvage au présent et au futur.

Voici un bilan des grandes réussites de CNC pour 2018 :

Colombie-Britannique

Aire de conservation Gámdis Tlagee, Haida Gwaii

À Haida Gwaii, dans le secteur de Kumdis Slough*, se trouve un réseau d’aires protégées comprenant des rivières à saumon, des estuaires et des forêts anciennes. Cette année, Conservation de la nature Canada (CNC) et la Nation haïda ont établi un partenariat pour acquérir les dernières parcelles non protégées de cet endroit important sur le plan écologique.

Haida Gwaii, C.-B. (Photo de Andrew Hudson)

Haida Gwaii, C.-B. (Photo de Andrew Hudson)

Une forêt ancienne d’épinettes de Sitka et de thuyas géants occupe toujours sur la partie riveraine de l’aire de conservation. Celle-ci constitue un habitat essentiel pour trois espèces de saumons, ainsi que pour des espèces en péril comme le guillemot marbré et l’hermine (sous-espèce haidarum).

La Nation haïda et CNC géreront conjointement ces terres, tant pour leur valeur écologique que culturelle. Une restauration en profondeur est prévue en collaboration avec Haida Fisheries et Pêches et Océans Canada, afin de réhabiliter ces terres.

* slough : bourbier ou fondrière

Alberta

Une collaboration pour la protection de la forêt boréale mène à une réussite de conservation de portée mondiale

Le 15 mai, CNC et ses partenaires ont annoncé la création d’une aire de conservation de 3 330 km2 dans le nord-est de l’Alberta. Ajoutée aux terres voisines déjà conservées (Richardson, Kazan and Birch Mountain), la zone protégée couvre maintenant plus de 67 000 km2 (6,7 millions d’hectares). Cette superficie constitue la plus vaste étendue de forêt boréale protégée au monde, soit un territoire deux fois plus grand que la Belgique!

Forêt boréale près de Fort McMurray, Alb. (Photo de Michel Rapinski)

Forêt boréale près de Fort McMurray, Alb. (Photo de Michel Rapinski)

Une série d’accords conclus entre le gouvernement tribal de Tallcree, CNC, les gouvernements de l’Alberta et du Canada et Syncrude Canada a contribué à la création du nouveau parc sauvage provincial Birch River (Birch River Wildland Provincial Park). Le parc borde la limite sud du parc national Wood Buffalo.

CNC a contribué à faciliter les accords entre le gouvernement tribal de Tallcree et les gouvernements de l’Alberta et du Canada pour soutenir l’annulation du quota de bois d’œuvre.

Le parc sauvage Birch River (Birch River Wildland Park) constitue un refuge pour 68 espèces jugées préoccupantes du point de vue de la conservation, dont deux désignées menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril, soit le bison des bois et le caribou des bois.

Saskatchewan

Étudier la conservation en classe

L’an dernier, un groupe de la Première Nation Kawacatoose a visité la propriété Maymont de CNC afin d’y recueillir des mottes et des graines de fleurs sauvages qui ont été utilisées par la suite dans l’un des projets de restauration de CNC. Cette activité s’est déroulée dans le cadre du programme Learning the Land, qui enseigne aux élèves la conservation des prairies indigènes et des espèces en péril tant du point de vue de la science occidentale que des connaissances traditionnelles autochtones.

CNC a créé un partenariat avec les écoles du Treaty 4 Education Alliance afin d’enseigner la conservation dans les classes.

Ce programme comprend un apprentissage en classe prodigué par les enseignantes et enseignants, ainsi que des présentations spéciales du personnel de CNC et des sorties scolaires en plein air. Une des activités consistait en un projet artistique facilité par le célèbre artiste cri Michael Lonechild, originaire de la Première Nation de White Bear.
Les partenariats comme le Treaty 4 Education Alliance favorisent la collaboration et encouragent de plus grands efforts de conservation à travers le Canada, en plus de contribuer à la protection de nos aires naturelles spectaculaires.

Élèves en sortie éducative (Learning the Land program), Lac Pasqua, Sask. (Photo reproduite avec la permission du Groupe Banque TD)

Élèves en sortie éducative (Learning the Land program), Lac Pasqua, Sask. (Photo reproduite avec la permission du Groupe Banque TD)

Manitoba

Protection d'habitats prioritaires dans la nouvelle aire naturelle au Manitoba

La propriété Waggle Springs est l’exemple parfait d’une occasion de conservation hautement prioritaire dans l’aire naturelle du delta de l’Assiniboine, au Manitoba. Les habitats des prairies qui s’y trouvent figurent parmi les habitats les plus menacés au monde et ils disparaissent rapidement au Canada. Waggle Springs abrite également une source jaillissante qui alimente une population de mimules glabres, une espèce rare à l’échelle nationale.

Le delta de l’Assiniboine abrite des plantes uniques et rares, ainsi que des espèces animales qui dépendent des prairies et des landes sablonneuses et ouvertes. L’acquisition récente de cette propriété de 305 hectares (754 acres) est indispensable pour atteindre l’objectif de CNC, qui est de protéger la faune et les habitats du delta de l’Assiniboine.

La présence de plus de 20 espèces animales et végétales évaluées comme étant en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été confirmée dans cette aire naturelle. On y retrouve notamment la plus importante population connue de scinques des prairies et les seules populations au Manitoba de quatre espèces rares de papillons de nuit, y compris la noctuelle sombre des dunes. 

Delta de l'Assiniboine, Man. (Photo de Jordan Becker)

Delta de l'Assiniboine, Man. (Photo de Jordan Becker)

Ontario

Protection d’un paradis aquatique

S’étendant sur plus de 6 000 hectares (15 000 acres) de milieux humides et de forêts, les milieux humides de Minesing abritent de nombreuses espèces en péril, y compris le petit blongios et la paruline azurée.

Paruline azurée (photo de Bill Hubick)

Paruline azurée (photo de Bill Hubick)

Au printemps 2018, CNC a célébré l’ajout d’une nouvelle aire protégée dans ce paradis aquatique. Située à 12 km à l’ouest de Barrie et couvrant une superficie de 43 hectares (107 acres), la propriété Patrick W. E. Hodgson est un habitat indispensable pour la cordulie de Hine. Dans son aire de répartition au Canada, cette espèce de libellule rare à l’échelle mondiale se retrouve uniquement dans l’aire des milieux humides de Minesing.

Cette aire abrite une grande variété d’oiseaux des marais et de sauvagines, qui la fréquentent par dizaines de milliers pendant leur migration printanière, lorsque la plus grande partie des milieux humides ressemblent à un gros lac.

Riches en espèces, ces milieux humides sont également importants pour les collectivités environnantes; ils permettent de contrôler les crues et de filtrer l’eau, fournissent un habitat aux poissons, en plus d’offrir des lieux de loisirs. Plus de 70 % des milieux humides du sud de l’Ontario ont été perdus depuis la colonisation européenne. Ceux qui restent sont menacés par les espèces envahissantes non indigènes, la pollution et la fragmentation de l’habitat.

Jusqu’à présent, CNC et ses partenaires ont protégé plus de 5 500 hectares (13 600 acres) à cet endroit. Les milieux humides de Minesing sont désignés terres humides d’importance provinciale et zone humide d’importance internationale selon Ramsar. Ces terres acquises récemment seront conservées grâce au soutien généreux de nombreux donateurs, y compris le Gouvernement du Canada, dans le cadre du Programme de conservation des zones naturelles, et de la Patrick Hodgson Family Foundation.

Québec

Conservation d’un trésor naturel et historique

Domaine seigneurial légué en 1674 par Louis XIV à monseigneur de Laval, premier évêque du Québec, Kenauk est ancré dans l’histoire canadienne. En effet, dès 1801 et durant les 100 ans qui suivirent, c’est la famille Papineau qui fut propriétaire de la seigneurie, et notamment Louis-Joseph, une des grandes personnalités politiques québécoises du 19e siècle.

Kenauk, Québec (Photo de Kenauk Nature)

Kenauk, Québec (Photo de Kenauk Nature)

En plus de sa riche histoire humaine, la propriété Kenauk est également reconnue pour son importance écologique unique. Cette aire comprend de vastes étendues de forêts et près de 60 lacs. On y retrouve plusieurs espèces et habitats rares à l’échelle provinciale, y compris des forêts d’érables noirs. Les grandes forêts fournissent un habitat idéal pour les grands prédateurs, notamment l’ours noir. On tente également d’y relever la présence du loup de l’Est, une espèce en voie de disparition à l’échelle nationale.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, CNC et ses partenaires ont annoncé la protection de 6 000 hectares (15 000 acres), soit un corridor de 3 km de largeur sur 20 km de longueur, sur le territoire de Kenauk.

Les milieux humides et les milieux aquatiques, notamment les ruisseaux, les étangs et les lacs, couvrent près de 15 % de la propriété. Ils fournissent des habitats de nidification et de migration adéquats pour le canard noir, le canard branchu et de nombreuses autres espèces d’oiseaux migrateurs.

Ce projet est un excellent exemple de partenariat entre divers partenaires de financement des secteurs publics et privés, travaillant ensemble pour la conservation et le bien-être des communautés. Le Gouvernement du Canada et le Gouvernement des États-Unis (par le biais du North American Wetlands Conservation Act) ont tous deux contribué au projet, de concert avec de nombreux donateurs privés, principalement des entreprises, des fondations et des individus.

Nouveau-Brunswick

Restauration des forêts acadiennes de l’isthme de Chignectou

Les forêts acadiennes ont décliné au cours des derniers siècles, en raison du défrichement pour l’agriculture, du développement résidentiel et de la conversion liée aux pratiques forestières. Moins de 5 % des forêts acadiennes sont demeurées dans leur état d’avant la colonisation européenne et seule une fraction de ces forêts sont des forêts anciennes. CNC œuvre à la restauration de la diversité des forêts acadiennes dans la mince bande de terre de l’isthme de Chignectou, entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

CNC a récemment élaboré un plan de gestion forestière pour son aire de conservation de plus de 405 hectares (1 000 acres) dans la portion néobrunswickoise de l’isthme de Chignectou. Ce plan est basé sur le nouveau manuel de restauration des forêts acadiennes créé par le personnel de CNC. L’objectif de ce manuel est d’aider les propriétaires privés à exercer leurs activités forestières de manière durable, afin de protéger la biodiversité des forêts acadiennes.

Forêt acadienne, Isthme de Chignectou, N.-É. (Photo de Mike Dembeck)

Forêt acadienne, Isthme de Chignectou, N.-É. (Photo de Mike Dembeck)

En partenariat avec Community Forests Canada, CNC a réalisé des activités de gestion forestière dans l’isthme, y compris la coupe de parcelles dans des forêts de deuxième génération afin de créer des ouvertures et de planter diverses espèces d’arbres typiques des forêts acadiennes (par exemple, le chêne rouge, l’épinette rouge, le pin blanc, la pruche du Canada et le bouleau jaune) afin de les réintroduire dans cette aire.

En juin 2017, 17 bénévoles pour la conservation ont bravé la pluie pour aider à planter plus de 2 000 plants d’épinettes rouges, de pins blancs et de chênes rouges dans un ancien champ agricole. Cette propriété est située sur l’isthme de Chignectou et est limitrophe à des forêts acadiennes protégées.

L’objectif de ce projet est de rétablir une forêt acadienne diversifiée et de présenter un modèle de restauration forestière dans la région.

Nouvelle-Écosse

Protection d’une espèce rare des marais salés

Le 2 février, à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, CNC a annoncé la protection d’une île de 25 hectares (61 acres) dans la baie Lobster. L’île abrite une plante rare à l’échelle nationale et désignée menacée en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril : le baccharis à feuilles d’arroche.

Baccharis à feuilles d'arroche, Baie Lobster, N.-É. (Photo de CNC)

Baccharis à feuilles d'arroche, Baie Lobster, N.-É. (Photo de CNC)

La baie Lobster fournit un habitat de marais salé essentiel pour le baccharis à feuilles d’arroche. Cet arbuste à fleurs d’environ 3 mètres de hauteur. Au Canada, il n’est trouvé que dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

CNC a acquis l’île auprès de John Brett, de Halifax, qui voulait assurer la protection définitive de cette plante rare des marais salés. Ce projet de conservation a été financé par le Gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme de conservation des zones naturelles, par la Nova Scotia Crown Share Legacy Trust et par le United States Fish and Wildlife Service en vertu de la North American Wetlands Conservation Act.

CNC a maintenant réalisé deux projets de conservation dans la région de la baie Lobster, en s’appuyant sur les travaux de la province de la Nouvelle-Écosse visant à créer la Tusket Islands Wilderness Area (« Aire naturelle des îles Tusket »).

Île-du-Prince-Édouard

Conservation d’une des dernières plages encore à l’état sauvage

Les Cascumpec Sandhills font partie d’une chaîne d’îles située près du rivage et sont souvent considérées comme les dernières étendues véritablement sauvages de l’Île-du-Prince-Édouard. Pendant plus d’un siècle, la famille Oulton a possédé une parcelle de terre dans cette aire.

Pluvier siffleur (Photo de Ian Sadler)

Pluvier siffleur (Photo de Ian Sadler)

Cette année, Ian Oulton a donné 61 hectares (150 acres) d’habitats côtiers exceptionnels à CNC dans les Cascumpec Sandhills.

Les propriétés de CNC aux Cascumpec Sandhills et sur l’île voisine, Conway Sandhills, font partie d’une chaîne d’îles-barrières sur la côte nord-ouest de l’Île-du-Prince-Édouard. Située dans la zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) Cascumpec Bay/Alberton Harbour, les Cascumpec Sandhills représentent une halte migratoire d’importance pour la sauvagine migratrice. Il s’agit également une aire de nidification essentielle pour le pluvier siffleur.

La conservation de cette propriété a été rendue possible grâce au financement du Gouvernement du Canada par l’intermédiaire du Programme de conservation des zones naturelles. De plus, une partie de ce projet a fait l’objet d’un don à CNC dans le cadre du Programme des dons écologiques du Gouvernement du Canada, lequel procure des avantages fiscaux bonifiés aux particuliers et aux entreprises qui donnent des terres indispensables sur le plan écologique. L’organisme American Friends of Nature Conservancy of Canada a également contribué généreusement à ce projet.

Terre-Neuve-et-Labrador

Bioblitz dans l’estuaire de la rivière Grand Codroy

Par un beau samedi matin de juillet, un groupe composé de 7 intrépides bénévoles pour la conservation et employés de CNC s’est réuni dans la réserve naturelle de l’estuaire de la rivière Grand Codroy (la plus récente propriété de CNC) afin d’y mener un premier bioblitz. Située à l’extrémité sud-ouest de l’île de Terre-Neuve, et offrant des vues sur les spectaculaires monts Long Range, cette réserve naturelle de la vallée Codroy est une destination privilégiée par les ornithologues.

Paruline noir et blanc (Photo de CNC)

Paruline noir et blanc (Photo de CNC)

Durant les 6 heures de l’activité, la mission de ce groupe de bénévoles était d’identifier et de relever toutes les espèces se trouvant sur la propriété. Cette information sera utilisée pour aider CNC à développer un inventaire de référence afin de guider la gestion future de la réserve.

L’équipe a réalisé 8 relevés des habitats. Au cours de la journée, les bénévoles ont identifié 18 espèces d’oiseaux et plus de 90 espèces de plantes. Les espèces d’oiseaux observées sur la propriété comprenaient notamment la mésange à tête brune, la paruline flamboyante, la paruline noir et blanc, la paruline rayée, la paruline grise et le roitelet à couronne rubis. Le groupe a également relevé la présence de lièvres d’Amérique et d’orignaux.

Liens d'intérêt (en anglais)

Treaty 4 Education Alliance

Cascumpec Sandhills

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