Les espèces en péril ont besoin de notre aide

Phoque commun (Photo de Ryan Murphy)

Phoque commun (Photo de Ryan Murphy)

Par Lindsay Kneteman

Amoureuse des bêtes à fourrure, à plumes et à écailles, je suis plutôt fière de mon niveau de connaissances à leur sujet. Mais lorsque le gouvernement fédéral a annoncé que neuf animaux s’ajoutaient à la liste des espèces protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), j’ai été surprise de ne connaître que trois d’entre elles.

Les neuf espèces en question vivent dans les eaux canadiennes, ce qui explique probablement pourquoi la plupart d’entre elles me sont inconnues. En effet, il est bien facile d’oublier l’abondance de vie que recèlent nos lacs, rivières et océans, et c’est précisément la raison pour laquelle il est si important de protéger ces espèces.

Curieuse d’en savoir plus, j’ai fait un peu de recherche

Les cinq poissons

Omble du Pacifique (Photo de Morgan Bond/Université de Washington)

Omble du Pacifique (Photo de Morgan Bond/Université de Washington)

J’ai un peu honte d’avouer que je ne connaissais aucune des cinq espèces de poissons ajoutées à la liste.

Membre de la famille des saumons et des truites, le dolly varden (population de l’ouest de l’Arctique) est le seul poisson figurant sur la liste qui peut passer une partie de sa vie en mer. Son habitat, dans le nord-ouest du Canada, est particulièrement touché par les changements climatiques, lesquels constituent par ailleurs une menace pour la quasi-totalité des espèces en péril au pays.

Deux populations de meuniers des montagnes figurent désormais sur la liste : les populations du Pacifique en Colombie-Britannique, dont l’habitat est fragmenté, et les populations de la rivière Milk du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. Les deux groupes font face à la perte et à la dégradation de leur habitat en raison de l’utilisation du territoire à des fins agricoles, du développement et des changements climatiques.

De possibles perturbations dans leur habitat expliquent pourquoi le chabot des montagnes Rocheuses (populations du versant ouest) et le méné long ont été ajoutés au registre. Le chabot des montagnes Rocheuses fréquente généralement des eaux peu profondes à faible débit, sur fond rocheux. Les perturbations qu’occasionnent la construction et l’entretien des routes, ainsi que les activités récréatives motorisées, mettent en péril ce résident de la Colombie-Britannique. Plus de 80 % des ménés longs se trouvent quant à eux dans la grande région de Toronto, où l’accélération du développement urbain menace de détruire les cours d’eau où ils vivent.

Les deux mammifères marins

Comme bon nombre de Canadiens, je connais les deux animaux suivants figurant sur la liste des espèces protégées par la LEP : le béluga (population de la baie Cumberland) et le phoque commun (sous-espèce des Lacs des Loups Marins). Ce dernier est le seul de son espèce qui vit exclusivement en eau douce. Aussi peu qu’une cinquantaine vivent dans les lacs et les rivières du Nunavik, au Québec, où la construction éventuelle de barrages hydroélectriques constitue leur principale menace.

À l’instar de tous les bélugas, la population de la baie Cumberland de l’île de Baffin utilise l’écholocalisation pour trouver sa nourriture. Toutefois, l’augmentation du trafic maritime dans l’Arctique canadien qui est reliée, vous l’aurez deviné, aux changements climatiques, nuit à la capacité du béluga à recourir à cette technique de chasse, sans laquelle il pourrait de mourir de faim.

Le reptile

Tortue caouanne (Photo de Brian Gratwicke)

Tortue caouanne (Photo de Brian Gratwicke)

Bien que je connaissais déjà la tortue caouanne, j’ai été surprise d’apprendre qu’elle fréquente les eaux du Canada atlantique, qui constituent probablement la limite septentrionale de l’aire de répartition de cette tortue marine à carapace dure. La tortue caouanne est présente dans la plupart des océans du monde, mais l’espèce est en constant déclin en raison de la perte de son habitat de nidification, du braconnage et des prises accessoires (prises accidentelles dans les filets de pêche).

Le mollusque

Levez la main si vous avez déjà entendu parler de la pholade tronquée! De loin la créature la plus méconnue sur cette liste, la pholade tronquée réside dans les boues d’un secteur spécifique de la baie de Fundy. Les perturbations résultant des orages, de l’activité humaine et, encore et toujours, des changements climatiques, menacent de réduire encore plus son habitat.

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