Ruisseau à l'automne (photo de Karol Dabbs)

Ruisseau à l'automne (photo de Karol Dabbs)

Eau douce 101

Panorama, vu du ranch de la rivière Flathead, Colombie-Britannique (photo de CNC)

Panorama, vu du ranch de la rivière Flathead, Colombie-Britannique (photo de CNC)

« Eau. Canada. Ces deux mots sont, dans notre culture canadienne, aussi inextricablement liés que les mots « sirop » et « érable » ou « Coupe » et « Stanley ». En dépit de notre grand respect envers ce fluide à l’origine de la vie, il est très évident que nous surexploitons cette ressource, au détriment de notre santé environnementale et économique collective… » ~ David Boyd (2004) dans la préface du rapport The Future in Every Drop.

Classification des écosystèmes d’eau douce

Bien que les écosystèmes terrestres du Canada soient connus et qu’un système de classification bien établi leur est consacré, les écosystèmes aquatiques demeurent étonnamment peu connus. De même qu’une forêt côtière de pruches de l’ouest diffère d’une forêt mixte composée d’épinettes, de bouleaux et de saules, les rivières et les lacs diffèrent aussi les uns des autres par leur habitat physique, leur régime hydrologique, la chimie et la température de leurs eaux, leur connectivité ou leurs interactions biotiques.

La diversité des organismes d’eau douce à l’échelle du Canada est le miroir de la diversité des écosystèmes riverains et lacustres du pays. Curieusement, il n’existe pourtant aucune classification reconnue pour les écosystèmes d’eau douce.

Pour assurer une gestion appropriée des ressources d’eau douce, il est essentiel de définir les caractéristiques de ces écosystèmes riverains et lacustres en fonction de leurs processus environnementaux dominants, de leur habitat physique et de ce que nous connaissons de leurs communautés biologiques.

Le saviez-vous?

  • Environ 70 pour cent de la surface terrestre est recouverte d’eau.
  • L’évaporation de l’eau à la surface des océans est la principale source d’eau douce et équivaut à environ 505 000 km3 d’eau par année.
  • Le Canada possède la troisième plus grande réserve d’eau douce renouvelable au monde, après celles du Brésil et de la Russie.
  • Si toute l’eau de la planète était stockée dans un contenant de cinq litres, la quantité d’eau douce disponible représenterait moins d’une cuillère à thé.
  • Chaque année, les rivières du Canada transportent sept pour cent des réserves d’eau renouvelables de la planète.
  • Presque 9 % de la surface totale du Canada, soit 891 163 km2, est recouvert d’eau douce.
  • La partie canadienne des Grands Lacs représente près de 10 pour cent de la surface d’eau douce du Canada.
  • Le bassin des Grands Lacs (partagé avec les États-Unis) représente la plus grande réserve d’eau douce au monde.
  • Environ 60 pour cent de l’eau douce du Canada s’écoule vers le nord, alors que 85 pour cent de la population vit près de la frontière sud avec les États-Unis.
  • Si l’on tient compte de la superficie totale, du débit et de la longueur du bassin, le plus important bassin fluvial au Canada est celui du Mackenzie.
  • On compte environ deux millions de lacs au Canada, couvrant une surface d’environ huit pour cent du territoire canadien, le pourcentage le plus élevé de tous les pays.

(Source : site Web sur l’eau douce d’Environnement Canada, visité le 5 mars 2008)

Un écosystème en péril

Depuis 1970, la santé des écosystèmes d’eau douce de la planète s’est dégradée de 50 pour cent1. Plus de la moitié des grands cours d’eau du monde ont été gravement appauvris et pollués, et plus de la moitié des zones humides du monde ont disparu2. Cela a entraîné un taux d’extinction des espèces d’eau douce cinq fois plus rapide que chez les autres groupes d’espèces3.

En Colombie-Britannique seulement (où l’on trouve 25 pour cent des réserves d’eau douce du Canada et 5 pour cent des réserves mondiales), on estime qu’un nombre effarant d’espèces qui dépendent de l’eau douce pour leur survie sont en péril.

Les causes de cette détérioration sont évidentes : la population humaine dans le monde ne cesse de croître et utilise l’eau douce pour un vaste éventail de services, notamment la production d’électricité, l’eau potable, l’enlèvement des déchets, l’irrigation des cultures et l’aménagement paysager, le transport, la fabrication, la pêche, la lutte contre les inondations et les loisirs. Ce faisant, les écosystèmes d’eau douce sont perturbés, asséchés, contaminés et parfois même éliminés.

Quelles sont les mesures prises par CNC pour protéger les écosystèmes d’eau douce?

Conservation de la nature Canada (CNC) a donné l’exemple en mettant sur pied un système de classification des écosystèmes pour les rivières et les lacs de toute la Colombie-Britannique et de la portion ontarienne du bassin des Grands Lacs.

  • En 2006, CNC et l’organisme The Nature Conservancy (TNC) ont annoncé la publication du premier plan Binational Conservation Blueprint for the Great Lakes, un plan qui décrit les zones nécessitant des mesures de conservation prioritaires au Canada et aux États-Unis. Conçu grâce à l’expertise scientifique de pointe des spécialistes de cette région, ce plan de conservation fournit aux agences gouvernementales, aux entreprises et aux résidents concernés des deux côtés de la frontière, une feuille de route pour protéger l’écosystème des Grands Lacs. Il s’agit du premier effort visant à cartographier et à analyser les données des différents écosystèmes et les éléments particuliers de la biodiversité dans tout le bassin des Grands Lacs.
  • En Colombie-Britannique, CNC, en partenariat avec le gouvernement provincial, a conçu un système de classification hiérarchique des écosystèmes d’eau douce pour la province, appelé Ecological Aquatic Units of British Columbia (EAU BC)4. Le système de classification EAU BC est un élément essentiel de l’évaluation écorégionale en cours dans la région centrale intérieure de la Colombie-Britannique.
  • Quatre plans de conservation binationaux pour les milieux aquatiques ont également été réalisés en Colombie-Britannique, soit dans les écorégions des Rocheuses canadiennes, de l’Okanagan, des North Cascades et des forêts et montagnes côtières. Ces plans de conservation mettent l’accent sur la conservation des bassins versants prioritaires, le bassin versant étant de plus en plus reconnu comme étant l’unité la mieux adaptée à la gestion des espèces et des écosystèmes aquatiques.

Références

  1. Loh, J. 2000. Rapport Planète vivante 2000. PNUE-CMSC. Fonds mondial pour la nature, Gland, Suisse.
  2. Évaluation des écosystèmes pour le millénaire. 2005. Les écosystèmes et le bien-être humain : Synthèse sur les zones humides et l’eau World Resources Institute, Washington, DC.
  3. Ricciardi, A. et J.B. Rasmussen. 1999. Extinction Rates of North American Freshwater Fauna. Conservation Biology 13(5) : 1220-1222.
  4. Ciruna, K. Butterfield, J.D. McPhail et le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique 2007. EAU BC: Ecological Aquatic Units of British Columbia. Conservation de la nature Canada, Toronto, Ontario. 200 p. plus DVD-ROM.

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