Abeille (Photo de Donvirko/Pixabay)

Abeille (Photo de Donvirko/Pixabay)

Une veuve noire femelle (photo de Wikipedia Commons)

Une veuve noire femelle (photo de Wikipedia Commons)

Veuve noire

La plupart des Canadiens ignorent qu’une veuve se cache parmi nous : une veuve noire, plus précisément.

Il existe deux espèces de veuve noire au Canada. La veuve noire de l’Ouest se retrouve dans certaines régions de la Colombie-Britannique, jusqu’au Manitoba (populations limitées pour la plupart aux zones proches de la frontière canado-américaine). La veuve noire du Nord (ou malmignatte) vit quant à elle dans le sud et l’est de l’Ontario. Elles peuvent aussi être observées à l’extérieur de leur aire de répartition, voyageant avec certains produits d’importation, tels que des raisins.

Généralement, seule la rencontre avec une femelle peut poser problème, bien que la petite quantité de venin qu’elle produit se dilue rapidement dans l’organisme humain. En revanche, la morsure de cette araignée, mâle ou femelle, peut causer de fortes douleurs locales et provoquer des contractions musculaires pénibles. Même si ce type d’incident ne met généralement pas en péril la vie d’un adulte en santé, il convient toujours d’y accorder une attention médicale, en particulier lorsqu’il s’agit d’enfants ou de personnes âgées.

Maintenant que nous avons apaisé vos craintes (du moins nous l’espérons!), voici d’intéressantes informations sur cet insecte étonnant.

Un nom qui en dit long

Outre le fait d’être un célèbre personnage de bandes dessinées, la veuve noire est surtout connue pour le comportement des femelles, d’où elle tire son nom. Alors que les humains ont peu à craindre, il en va autrement du mâle de cette espèce. En effet, il n’est pas rare que les femelles tuent et dévorent les mâles après l’accouplement.

Il semble que cet acte macabre, appelé cannibalisme sexuel, sert un objectif précis, car les femelles qui mangent leur partenaire paraissent avoir une couvée en meilleure santé. Quant aux mâles, ils donneraient ainsi une meilleure chance de survie à leurs petits. Mais ils ne sont sans doute pas prêts à faire ce sacrifice coûte que coûte. Selon des études récentes, les mâles détecteraient les femelles les plus en appétit et tenteraient de les éviter. Grâce à des récepteurs situés au bout de leurs pattes, ils pourraient sentir, en tâtant la toile tissée par la femelle, si elle cherchera à les dévorer et ainsi partir à la recherche d’une partenaire moins dangereuse.

Avec ce type de comportement, il n’est pas surprenant de découvrir que les nouveaux-nés possèdent également l’instinct du cannibalisme et qu’ils se mangent entre eux dès leur éclosion!

Qu’en est-il du fameux sablier?

Alors que l’image populaire veut que la veuve noire soit entièrement noire, arbore huit pattes fuselées et soit marquée d’un sablier rouge caractéristique sur l’abdomen, cette description ne convient en réalité qu’aux femelles.

Pour leur part, les mâles sont environ deux fois plus petits que les femelles, de couleur brune ou grise et sont marqués de divers signes distinctifs, comme des lignes blanches ou des points rouges. Les jeunes présentent plutôt une coloration variée : orange, brun et blanc.

FAIT : il existe cinq différentes espèces de veuve noire en Amérique du Nord

Où vivent-elles, exactement?

Canadian distribution of black widow (Map by NCC)

(Cliquez pour agrandir)

La veuve noire vit dans les régions méridionales d’au moins cinq provinces canadiennes, soit de la Colombie-Britannique à l’Ontario, et dans tous les États américains continentaux. Au Canada, la population la plus importante se trouve en Ontario, ce qui est normal puisque cette espèce privilégie les climats chauds et qu’il s’agit de la province canadienne qui s’étend le plus au sud.

Vous serez sans doute rassuré en apprenant que vous avez peu de chance d’en trouver une chez vous. La veuve noire préfère les endroits sombres, à l’abri et près du sol, comme les tas de bois, de résidus ou de pierres. C’est dans ces lieux qu’elle préfère tisser sa toile en forme d’entonnoir pour attraper ses proies.

La clé d’une relation, c’est la communication

La toile d’une veuve noire ne lui sert pas uniquement à se nourrir. Elle lui sert également à communiquer avec le mâle. Lorsque celui-ci recherche une partenaire, il fait vibrer l’extrémité de la toile afin de prévenir la femelle de sa présence. C’est seulement après un rituel complexe exécuté par le mâle, et l’acceptation de ses avances par la femelle, que l’accouplement peut se produire. La femelle pond par la suite de 50 à 100 œufs, protégés d’une enveloppe de soie, qui éclosent environ 30 jours plus tard.

FAIT : les bébés de la veuve noire… sont tout blancs!

Une seule morsure et la victime est liquéfiée… littéralement!

Même si cela n’a rien de préoccupant pour les humains, il faut savoir que toutes proportions gardées, le venin de la veuve noire est jusqu’à 15 fois plus puissant que celui du serpent à sonnette. Cela constitue toutefois une mauvaise nouvelle pour ses proies. En effet, les insectes qui sont emprisonnés dans sa toile sont aussitôt paralysés par le venin et transportés pour être dévorés. La veuve noire utilise une enzyme spéciale, qui lui permet de prédigérer ses victimes, dont il ne reste plus ensuite que la carcasse.

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