Réserve de chênes Gary de Cowichan, Colombie-Britannique (photo de Tim Ennis/CNC)

Réserve de chênes Gary de Cowichan, Colombie-Britannique (photo de Tim Ennis/CNC)

Bleu mélissa mâle (photo tirée du site www.anorchardaway.com)

Bleu mélissa mâle (photo tirée du site www.anorchardaway.com)

Bleu mélissa

Chaque été, des Bénévoles de la conservation se rendent dans la communauté de la Première Nation d’Alderville, au sud-est de l’Ontario, avec pour mission particulière de planter des lupins vivaces – espèce détenant la clé de la future réintroduction du papillon bleu mélissa dans la province.

Ils viennent travailler avec Todd Farrell, biologiste de la conservation chez Conservation de la nature Canada (CNC). Todd a eu la chance de voir l’insaisissable bleu mélissa, mais il lui a fallu aller dans l’Ohio, aux États-Unis, pour cela. En effet, peu de gens ont pu ne serait-ce qu’apercevoir cette espèce rare.

D’environ 25 millimètres, ce minuscule papillon, dont le mâle est bleu irisé et la femelle brun-gris, est difficile à repérer parmi les fleurs sur lesquelles il se nourrit. La chenille du bleu mélissa éclot en avril, tisse son cocon à la mi-mai et en émerge sous la forme d’un papillon adulte, début juin. Les adultes s’accouplent alors et pondent leurs œufs sur les lupins vivaces – unique source de nourriture des nouvelles chenilles. Fait surprenant, la vie d’adulte du bleu mélissa ne dure que cinq jours environ.

Par le passé, on pouvait trouver ce papillon au domaine vital restreint dans les prairies à herbes hautes et les savanes à chênes s’étendant dans toute la région sud des Grands-Lacs. À présent disparue de la majeure partie de sa zone de répartition, elle est en voie de disparition dans les rares poches restantes aux États-Unis. La perte d’habitat, notamment celle du lupin vivace, sa principale source de nourriture, peut être la cause du déclin de population de ce papillon. La suppression des feux, la plantation extensive de pins et l’expansion immobilière ont entraîné une diminution significative des espèces de prairie et de savane.

Cependant il existe un espoir pour le bleu mélissa. CNC, la Première Nation d’Alderville, les groupes de conservation locaux et les propriétaires de terres de la région se sont associés dans l’Initiative conjointe Plaines du lac Rice en vue de gérer durablement les ultimes superficies de prairie à herbes hautes et habitats de savane à chênes de l’Ontario.

Situées au nord de Cobourg, les plaines du lac Rice abritent une variété d’espèces rares, parmi lesquelles a déjà figuré le bleu mélissa. Le but de l’initiative conjointe est de restaurer cet habitat rare à l’échelle planétaire, en y supprimant les espèces envahissantes, en y pratiquant le brûlage dirigé et en y  réhabilitant des espèces indigènes comme le lupin vivace.

CNC aide également à restaurer l’habitat du bleu mélissa dans d’autres endroits du sud de l’Ontario. Grâce à ses efforts et à ceux de ses partenaires, de même qu’au dévouement des Bénévoles de la conservation, le bleu mélissa reviendra peut-être un jour dans le sud de l’Ontario, et nous pourrons  revoir cette espèce magnifique dans la nature.

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