Passage faunique, Parc national de Banff, AB (Photo de WikiPedant)

Passage faunique, Parc national de Banff, AB (Photo de WikiPedant)

Les passages fauniques : ouvrir la voie pour le bien de tous

Qu’ils prennent la forme de ponts ou de tunnels, les passages fauniques rendent les routes plus sécuritaires en protégeant les  humains et les animaux d’éventuelles collisions, tout en contribuant au maintien de la connectivité des milieux naturels.

« Ne vous fiez pas aux apparences : ce n’est pas le chevreuil qui traverse la route mais la route qui traverse la forêt. » Cette phrase vous dit quelque chose? Elle a abondamment circulé sur les réseaux sociaux, accompagnée de l’image d’un adorable chevreuil l’air ahuri au milieu d’une route de campagne. Certes, la nature était là avant le bitume, mais l’idée d’éliminer toutes les routes est utopique.

Le problème des collisions entre animaux et automobilistes est bien réel, lui. À titre d’exemple, le nombre d'incidents de la route impliquant des cerfs de Virginie a augmenté de près de 40 % au Québec entre 2012 et 2016 selon la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Or il existe des solutions pour diminuer le nombre de collisions entre la faune et les automobilistes, et permettre aux animaux de se déplacer librement. Les passages fauniques en sont une.


Qu’est-ce qu’un passage faunique?


Les passages fauniques sont des structures qui permettent aux animaux de franchir en toute sécurité les barrières artificielles telles que les routes.  Les premiers passages fauniques sont apparus dans les années 1950 en Europe et aux États-Unis, et dans les années 1980 au Canada.

Il y a deux principaux types de passages fauniques : les passages supérieurs et les passages inférieurs. Les premiers incluent des passerelles et des ponts verts, également appelés écoducs en Europe, les seconds regroupent les tunnels  et les viaducs.
Il existe également des passages fauniques spécifiques à une espèce. Par exemple, on trouve des chiroptèroducs pour permettre aux chauves-souris de traverser les autoroutes et des passerelles dédiées aux écureuils : les écureuilloducs.


Tisser des liens de connectivité


Au-delà du problème de sécurité routière humaine et animale, les passages fauniques permettent de reconstruire des liens naturels rompus par le développement humain. Les routes, les fermes et les villes peuvent en effet diviser des habitats, isolant ainsi les animaux et les plantes qu’ils abritent. L’isolement des espèces est une menace pour leur survie, il est donc essentiel de maintenir la connectivité des territoires.

Sous l’influence des changements climatiques, on estime qu’au Québec les espèces se déplaceront vers le nord à une vitesse moyenne de 45 km par décennie. Comme moyen d’adaptation à ces changements, il importe de maintenir la connectivité des paysages pour permettre aux animaux de combler leurs besoins vitaux et aux plantes de se disperser.

Au Québec, depuis 2017, CNC mène le projet Corridors écologiques, une stratégie d’adaptation aux changements climatiques, mis en œuvre avec plusieurs partenaires. Celui-ci a pour but de mobiliser citoyens et collectivité locales et régionales en les informant de l’importance de maintenir les zones de connectivité dans leur région. Les interventions viseront à mobiliser et engager les gens afin de travailler ensemble à la conservation de corridors écologiques.

En plus de ces activités le projet permet de prioriser des zones stratégiques pour le maintien de  la connectivité dans la planification d’acquisition de nouveaux terrains,  incluant des projets d’aménagement de passages fauniques. Par exemple, CNC annonçait récemment l’acquisition d’un terrain à Ivry-sur-le-lac dans les Laurentides qui permettra d’aménager un tunnel sous la route 117 où la faune pourra circuler en toute quiétude et ainsi améliorera la cohabitation entre automobilistes et animaux sur cette portion de route. Des caméras permettront de s’assurer du succès du projet.

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