Inventaire de loups à Kenauk (Photo de JoPoYo)

Inventaire de loups à Kenauk (Photo de JoPoYo)

Sur les traces du loup de l’Est à Kenauk

Inventaire de loups à Kenauk (Photo de JoPoYo)

Inventaire de loups à Kenauk (Photo de JoPoYo)

Souhaitant approfondir ses connaissances sur la grande faune présente à Kenauk, Conservation de la nature Canada (CNC) a organisé deux journées d’activité bénévole en février 2019 en collaboration avec l’institut Kenauk. Chaussés de skis de fond ou de raquettes, les participants ont parcouru ce site magnifique à la recherche de traces de présence de loup de l’Est. Voici le témoignage de deux bénévoles, enchantées par leur expérience.

Mihaela Machiodache, conseillère en développement philanthropique à Montréal - bénévole le 16 février

Nous sommes partis tôt par une superbe matinée ensoleillée, pas trop froide, le lendemain d’une très généreuse tempête de neige. En longeant en auto la rivière de l’Outaouais, j’ai pu apercevoir quatre dindons sauvages. Quel bonheur de voir cet oiseau dans son milieu naturel pour la première fois de ma vie! La journée s’annonçait remplie de découvertes.

À notre arrivée, on nous a expliqué la procédure à suivre pour l’inventaire de loups de l’Est. L’objectif: confirmer la présence de cette espèce, en plus de déterminer son niveau d’hybridation génétique. J’étais perdue… « Qu’est-ce qu’exactement l’hybridation génétique? », ai-je timidement demandé. La chargée de projets m’a répondu qu’il existait un croisement entre le loup et le coyote et qu’en étudiant l’ADN recueilli, il serait possible de connaître le pourcentage de mixité. Le loup de l’Est est en péril au Canada notamment en raison de cette hybridation génétique.

Pour recueillir ces précieuses traces d’ADN, nous allions chercher des empreintes de pas, des excréments, de l’urine et du poil. Nous avions deux possibilités d’équipement : raquettes ou skis de fond. Les skieurs avaient deux choix de distances à parcourir, soit 6 ou 14 km. Nous avons choisi le parcours de 6 km en ski de fond. Notre groupe était formé de 6 personnes, dont une biologiste pour nous guider dans nos recherches.  

Après plus de deux heures de randonnée, nous avons regagné les voitures, sans avoir trouvé la moindre trace de loup. La neige qui était tombée le jour précédent en était sûrement la cause. J’étais un peu déçue, mais j’ai adoré l’expérience, en particulier lorsque nous nous sommes aventurés hors sentier. En discutant avec notre guide, biologiste, j’ai aussi appris plusieurs choses intéressantes, comme le fait que les loups avaient peur des humains, tandis que les coyotes étaient plus audacieux. J’ai quitté Kenauk avec l’impression d’avoir contribué à une recherche scientifique et avec la volonté d’y retourner une autre fois pour réessayer d’atteindre l’objectif.

Jaimie Vincent, étudiante en biologie à Ottawa - bénévole le 23 février

Lorsque l’appel aux participants pour une journée de ski de fond jumelée à un inventaire du loup de l’Est m’est parvenu, j’étais, franchement, très excitée. Combiner paysage forestier hivernal, ski de fond et étude du loup est pour moi la définition d’une journée de rêve.

Après que les bénévoles soient divisés en skieurs et en raquetteurs, chaque équipe s’est rendue sur leurs pistes respectives. Nous étions guidés par quelqu’un qui s’y connaissait en matière d’identification de pistes de loup de l’Est et qui connaissait bien le protocole d’échantillonnage.

Les conditions météo étaient idéales pour faire du ski à un rythme lent et puisqu’il n’avait pas neigé depuis plusieurs jours, c’était plus facile d’identifier les traces plus vieilles.

Nous avons trouvé nos premières empreintes après moins de dix minutes de ski. Après avoir analysé leur forme et leur taille, nous avons déterminé qu’elles appartenaient à un pékan. Un peu plus loin, il y avait des traces d’orignal très fraiches qui longeaient la piste de ski. La bête nous avait sûrement entendus de loin puisqu’on pouvait voir qu’elle s’était retirée vers la forêt plus dense. En continuant notre route, nous avons eu la chance d’observer des empreintes de pas de lièvre, de tétras et d’écureuils.

Nous n’avons pas vu de traces de présence de loups sur la piste de ski de fond, mais l’équipe en raquettes nous a confirmé par radio qu’ils avaient réussi à ramasser des échantillons d’urine et d’excréments qui pourraient être ceux d’un loup. C’était une excellente nouvelle!

Même si notre équipe n’a pas réussi à trouver ce que nous cherchions, les pistes de ski de fond et la forêt paisible de Kenauk m’ont laissé le souvenir d’une expérience fantastique. J’ai vraiment aimé cette activité et j’ai très hâte de savoir comment CNC utilisera ces données pour contribuer à la conservation du loup de l’Est.

Pleins feux sur nos sympathisants

Macareux de l'Atlantique (Photo de Bill-Caulfield-Browne)