Lynx du Canada (Photo de Chris Lorenz)

Lynx du Canada (Photo de Chris Lorenz)

Lynx sans frontières

Les corridors écologiques au secours des animaux

Les animaux, en particulier les grands mammifères, ont besoin d’espace pour se nourrir, se reproduire, bref subsister. La disparition de forêts et la fragmentation des paysages peuvent donc nuire à leur survie. Sauf si on prend garde à protéger des passages clés pour la connectivité des milieux naturels : les corridors écologiques.


Dans le cadre du projet « Corridors écologiques : une stratégie d’adaptation aux changements climatiques », Conservation de la nature Canada (CNC), cinq autres organismes de conservation et plus de 40 partenaires ont unis leurs forces pour favoriser le maintien de la connectivité entre les aires protégées dans le sud du Québec.


Pour les animaux, une frontière n’est pas une barrière, CNC collabore donc aussi avec des partenaires américains afin d’assurer la réussite des projets de maintien de la connectivité à l’échelle du continent nord-américain.

Le lynx : un félin sur la sellette


La protection des corridors écologique est essentielle aux déplacements du lynx et d’autres animaux afin de combler leurs besoins vitaux. Par exemple, le lynx doit bénéficier de nombreuses aires d’habitat d’une superficie d’au moins 70 kilomètres carrés pour assurer sa survie.


Le lynx fait partie des mammifères à grand domaine vital dont la survie dépend en partie du maintien de ces zones dites de « connectivité ». Le domaine vital représente les superficies boisées non fragmentées ou reliées entre elles par des corridors pour compléter le cycle de vie et les activités (reproduction, alimentation, refuge, etc.) d’une espèce.


Discret, le lynx n’est pas un animal facile à observer. Pourtant, il est bien présent dans nos forêts, en particulier au sud-est de la province, après avoir frôlé l’extinction dans les années 1980 à cause d’une chasse intensive. La situation était devenue si critique que le gouvernement avait alors imposé une fermeture du piégeage pendant plus de 20 ans.


Aujourd’hui, l’espèce semble bien se porter au Québec, mais sa survie reste précaire dans les provinces maritimes en partie à cause de la perte de son milieu de vie. En effet, les activités humaines, les routes, les fermes et les villes peuvent diviser des territoires et, par le fait même, des habitats, isolant ainsi les espèces qu’ils abritent.


D’autres animaux comme l’orignal, le loup et l’ours, des espèces emblématiques des grands espaces canadiens, sont aussi concernés. Le Québec est reconnu pour la richesse de son patrimoine naturel et faunique. En protégeant le milieu de vie des animaux dès maintenant, on travaille à préserver cette chance.

L’urgence d’agir dans un contexte de changements climatiques


Sous l’influence des changements climatiques, on estime qu’au Québec les habitats des espèces se transféreront d’environ 45 km par décennie vers le nord. La province pourrait devenir un refuge climatique pour plusieurs mammifères; elle risque donc de jouer un rôle primordial à l’échelle continentale dans l’adaptation aux changements climatiques.


Pour contrer cette menace, il est impératif de consolider et restaurer les zones de connectivité dès maintenant. Ceci implique l’identification de ces secteurs clés pour le déplacement des espèces, l’acquisition de terres positionnées stratégiquement dans les corridors pour les protéger à long terme, l’intégration de ces secteurs dans les règlements d’urbanisme des municipalités et toute autre initiative citoyenne qui viserait à protéger un corridor écologique.


Remerciements


Le projet « Les corridors écologiques : une stratégie d’adaptation aux changements climatiques» est financé par le Fonds vert dans le cadre d’Action-Climat Québec, un programme du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques découlant du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques.


La Fondation de la faune du Québec, la Fondation Echo et la Fondation Woodcock sont également des partenaires financiers dans ce projet.  


CNC collabore avec cinq organismes pour la mise en œuvre du projet : Corridor appalachien, Éco-corridors laurentiens, Nature-Action Québec, Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec, Horizon-Nature Bas-Saint-Laurent. L’Initiative Staying connected assure le réseautage avec des partenaires américains, du Québec et du Nouveau-Brunswick, de manière à assurer la cohérence transfrontalière des initiatives de connectivité et de partager les informations et les outils existants.

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