Appel à l’action : la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes

Milieu humide restauré, Île Pelée, Ont. (photo de CNC)

Milieu humide restauré, Île Pelée, Ont. (photo de CNC)

Par Sam Knight

Plus tôt en juin, lors de la Journée mondiale de l’environnement, les Nations Unies ont donné le coup d’envoi à la Décennie pour la restauration des écosystèmes, qui se déroule de 2021 à 2030. L’objectif de ce mouvement mondial est de « prévenir, arrêter et inverser la dégradation des écosystèmes sur tous les continents et dans tous les océans. » Cette initiative ne pouvait pas tomber à un moment plus critique, puisqu’à l’heure actuelle, 77 % du territoire terrestre (sauf l’Antarctique) et 87 % des océans ont été altérés par les humains à l’échelle mondiale.

Lorsque vous entendez « restauration d’écosystèmes », vous pensez peut-être à la plantation d’arbres, mais il existe plusieurs autres activités de restauration qui sont essentielles au rétablissement d’écosystèmes dégradés. Par exemple, dans les prairies, la restauration peut consister à éliminer les espèces ligneuses (à tiges rigides) envahissantes qui empiètent sur les espèces indigènes. Dans les rivières, supprimer ou réaménager les barrages qui fragmentent les déplacements des espèces aquatiques afin d’améliorer la connectivité des rivières est aussi essentiel. Une proportion stupéfiante de 85 % de la superficie mondiale des milieux humides a disparu; restaurer ces écosystèmes, implique qu’il faut réhydrater les terres.

Pourquoi une décennie? Selon les scientifiques, c’est le temps qu’il reste pour améliorer la relation entre l’humanité et la nature, dont elle dépend, avant d’atteindre un point de bascule. Nous faisons maintenant face à la double crise que représentent la perte de la biodiversité et les changements climatiques.

Le bien-être des humains est lié à la santé de notre planète. Ainsi, restaurer les écosystèmes est essentiel pour mettre fin à la crise de la perte de biodiversité, atteindre les objectifs climatiques mondiaux et améliorer notre bien-être.

Le Rapport Planète vivante 2020 du Fonds mondial pour la nature a révélé un déclin de 68 % des populations d’espèces vertébrées dans le monde depuis 1970. Le Rapport Planète vivante Canada 2020 a quant à lui mentionné un déclin de 59 % des populations d’espèces en péril au Canada au cours de la même période. La restauration d’habitats dégradés en écosystèmes sains contribuera directement au rétablissement de la biodiversité à une époque où cela n’a jamais été aussi urgent.

Plantation d'arbres par des bénévoles, Bunchberry Meadows, Alb.(Photo de CNC)

Plantation d'arbres par des bénévoles, Bunchberry Meadows, Alb.(Photo de CNC)

La restauration d’écosystèmes est également essentielle pour que le réchauffement de la planète soit limité à moins de 1,5 °C. Cela pourrait retirer jusqu’à 28 gigatonnes de CO2 de l’atmosphère grâce à la séquestration et au stockage de carbone. Il n’est pas seulement question des forêts, mais aussi des prairies et des milieux humides. En effet, ces deux types d’écosystèmes séquestrent aussi une quantité incroyable de CO2.  

Passer du temps dans la nature est agréable, mais la présence d’écosystèmes intacts est aussi importante parce qu’ils représentent le gagne-pain de nombreuses personnes à travers le monde (p. ex. agriculteurs, pêcheurs). Les écosystèmes en santé procurent de nombreux autres avantages aux populations, et contribuent ainsi à notre prospérité. En effet, ils sont plus résistants face aux catastrophes naturelles, atténuent les risques d’inondation et de sécheresse, réduisent l’érosion des sols, fournissent de l’eau potable et assurent une sécurité alimentaire. Pourtant, 40 % de la population mondiale subit les effets négatifs de la dégradation des écosystèmes.

Que fait Conservation de la nature Canada (CNC) pour contribuer à la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes? Nous mettons en œuvre des projets de restauration sur des propriétés partout au pays, comme dans des forêts, des milieux humides, des prairies et des milieux côtiers. En Alberta, dans la région de la forêt-parc à trembles, nous plantons des arbres indigènes pour entretenir l’habitat, aussi bien pour la biodiversité que pour les humains qui viennent profiter des sentiers.

Les corvées de nettoyage de plage peuvent aider des espèces en péril comme le pluvier siffleur (Photo de Sean Landsman)

Les corvées de nettoyage de plage peuvent aider des espèces en péril comme le pluvier siffleur (Photo de Sean Landsman)

Au Québec, nous restaurons des milieux humides au profit de plusieurs espèces d’oiseaux et de tortues en péril. Au Manitoba, nous restaurons et connectons des prairies indigènes entre elles en éliminant les espèces ligneuses envahissantes qui empiètent sur les prairies et en plantant des herbes et des fleurs sauvages indigènes. Au Canada atlantique, nous restaurons les écosystèmes côtiers pour les rendre plus résistants aux changements climatiques et à l’élévation du niveau de la mer. Notre travail se poursuivra tout au long de la Décennie des Nations Unies et bien au-delà.

Pour contribuer à cette Décennie, vous pouvez :

  • Ramasser les déchets le long d’une rivière ou d’une côte.
  • Planter de la végétation indigène dans votre communauté.
  • Prendre part au défi Petits gestes de conservation.
  • Appuyer les initiatives locales de restauration en faisant du bénévolat ou un don.
  • Passer le mot à vos ami(e)s ou dans votre communauté au sujet de la Décennie de la restauration des écosystèmes.

Lisez le Document de référence pour la restauration des écosystèmes pour en savoir plus sur la façon de vous joindre à la #GénérationRestauration en posant des gestes, en faisant des choix et en faisant entendre votre voix. Vous pouvez également suivre le mouvement et lire les actualités les plus récentes.

Il est facile de se sentir dépassé par l’état actuel de l’environnement et par la charge de travail à accomplir. Pourtant, ce mouvement mondial voué à la guérison de la planète me remplit d’énergie. Parfois, les actions d’une seule personne paraissent sans importance, mais nous avons tous un rôle à jouer pour faire la paix avec la nature. C’est une responsabilité que nous partageons, et, ensemble, nous allons accomplir de grandes choses. Et vous, que ferez-vous pour y contribuer?

 

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