Premiers signes du printemps

Carouge à épaulettes (Photo de Bill Hubick)

Carouge à épaulettes (Photo de Bill Hubick)

Au début de mars, avancer l’heure fait que la lumière du jour nous accompagne plus longtemps. Voilà qui peut rendre l’attente du temps doux printanier encore plus difficile dans certaine partie du pays!

Quoi de plus réjouissant que de noter les petits signes qui marquent l’arrivée d’une nouvelle saison, comme le chant d’un oiseau, les bourgeons qui émergent à l’extrémité des branches et le reflet de l’eau sur les étangs encore couverts de glace? Voici quelques signes avant-coureurs du printemps à surveiller dans tout le pays.

Les yeux vers le ciel

Chaque printemps, le ciel du Canada se remplit du spectacle de millions d’oiseaux qui rentrent chez eux depuis leurs aires d’hivernage plus au sud. L’un des premiers à observer (et à écouter) est le carouge à épaulettes. Les mâles sont élégants, avec leurs plumes noires brillantes et leurs épaulettes rouges et jaunes. Gardez l’œil ouvert sur ces oiseaux chanteurs de taille moyenne qui vivent dans les milieux humides, les champs de foin et les prairies, et écoutez-les chanter un gargouillement fort et caractéristique de « konk-ke-ree ».

Pour en savoir plus sur d’autres oiseaux migrateurs, cliquer ici.

Floraisons et fleurs sauvages

Ronce remarquable (Photo de spacecowboy, CC BY 4.0)

Ronce remarquable (Photo de spacecowboy, CC BY 4.0)

Certaines des grandes villes canadiennes peuvent se vanter d’offrir la possibilité d’y admirer de belles fleurs de cerisier rose, ces arbres qui ne fleurissent que pendant une période limitée au printemps. Pour quelque chose d’encore plus joli et de plus sauvage, recherchez les fleurs de ronce remarquable sur la côte de la Colombie-Britannique. Cet arbuste indigène du Canada, aux fleurs rose foncé sur des tiges couleur cannelle, produit des baies comestibles à la fin de juillet. Il fournit de la nourriture aux oiseaux comme le colibri roux, qui arrive dans l’ouest du Canada en provenance de son lieu d’hivernage au Mexique. Porter une attention particulière aux mâles qui font une présentation aérienne stylisée pour les femelles au-dessus de grandes parcelles de ronces remarquables.

D’autres espèces comme la camassie camash et le sphérobole étoilé recouvrent la réserve naturelle de chênes de Garry de la Cowichan de Conservation de la nature Canada (CNC) en Colombie-Britannique.

Le chant de l’amour

Rainette crucifère (photo de CNC)

Rainette crucifère (photo de CNC)

Lorsque vous vous trouvez à proximité d’un étang ou d'un milieu humide boisés, dans l’est du Canada, écoutez attentivement... Le « peep peep peep » que l’on peut entendre à 500 mètres à la ronde, est le chant d’accouplement de la rainette crucifère. Cette petite grenouille arboricole est largement répandue dans l’est de l’Amérique du Nord; on la trouve au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. Certains confondent ce chant à celui d’un oiseau chanteur ou même d’un criquet. Un chœur complet de rainettes crucifères compétitionnant pour l’attention des femelles peut être assez bruyant!
D’autres grenouilles, notamment les grenouilles des bois et les grenouilles boréales, peuvent également être entendues dans tout le Canada au printemps. Utilisez l’application iNaturalist (en anglais) pour en savoir plus sur les espèces présentes dans votre région.

Magique pulsatille multifide

Pulsatille multifide (Photo de CNC)

Pulsatille multifide (Photo de CNC)

La légende raconte qu’un amour interdit entre une nymphe et le vent de l’ouest, qui s’est terminé tragiquement, a donné naissance au pulsatille multifide à floraison printanière. Fleur vivace commune dans les provinces des prairies et emblème floral du Manitoba, le pulsatille multifide est un excellent indicateur que l’hiver est terminé et que le temps plus chaud est en route.
Cette plante est une anémone de la famille des boutons d’or. Ses poils laineux lui permettent de résister au froid, au vent et à la neige, ce qui en fait l’un des lève-tôt du printemps.

Éphémères sanglantes et puantes

Sanguinaire du Canada, Barnett Woods, Ont. (Photo de CNC)

Sanguinaire du Canada, Barnett Woods, Ont. (Photo de CNC)

La sanguinaire du Canada est une plante forestière indigène très répandue dans l’est du pays. Malgré son nom plutôt effrayant, la sanguinaire émerge du sol pour s’épanouir en une belle fleur blanche de huit à douze pétales au bout d’une tige sans feuilles. La plante tire son nom de la sève rouge de ses racines orangées. Mais il faudra peut-être attendre jusqu’à la mi-avril pour apercevoir les fleurs!

Chou puant (Photo de alixdentremont, CC BY NC 4.0)

Chou puant (Photo de alixdentremont, CC BY NC 4.0)

En revanche, le chou puant donne littéralement le coup d’envoi à la fin de l’hiver en faisant fondre la neige environnante, ce qui en fait l’une des premières plantes à pousser au printemps. Lorsqu’il émerge, le chou puant génère suffisamment de chaleur pour maintenir une douce température de 21 °C autour de lui.

Cette plante à l’aspect inhabituel et à la forte odeur possède d’énormes feuilles vertes et un capuchon cramoisi tacheté qui protègent les grappes de fleurs à l’intérieur. Vous trouverez cette beauté dans les milieux humides tels que les marais et les marécages du sud de l’Ontario et du Québec, et dans certaines régions des Maritimes. Le chou puant de l’Ouest fleurit également au début du printemps, mais contrairement à son cousin de l’Est, il ne peut pas produire sa propre chaleur.

Printemps sucré

Sirop d'érable de différentes classes (Photo de Dvortygirl, CC BY-SA 3.0)

Sirop d'érable de différentes classes (Photo de Dvortygirl, CC BY-SA 3.0)

Dans tout le sud du Canada, l’entaillage des érables à sucre a lieu au printemps, avant que les arbres ne perdent leurs feuilles. Les arbres sont entaillés lorsque la température est inférieure au point de congélation la nuit, et juste au-dessus du point de congélation le jour, lorsqu’il y a un flux de sève soutenu. La sève passe par un processus de concentration pour éventuellement se retrouver sur nos tables au déjeuner.

Quels signes du printemps avez-vous repérés récemment? Partagez vos photos avec nous par courriel : landlines@natureconservancy.ca.

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