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Reconnaissance et réconciliation : la voie à suivre est celle de la conservation menée par les Autochtones

Coucher de soleil à la baie Hay, Ont. (Photo de Ethan Meleg)

Coucher de soleil à la baie Hay, Ont. (Photo de Ethan Meleg)

Par Raechel Wastesicoot, responsable des communications internes de CNC

Le vendredi 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Elle a pour but de donner l’occasion aux gens de reconnaître et de commémorer l’héritage des pensionnats autochtones. Aussi connue sous le nom de Journée du chandail orange depuis 2013, elle vise à rendre hommage aux survivantes et survivants des pensionnats autochtones, à leurs familles et à leurs communautés, et constitue un élément incontournable du processus de réconciliation au Canada.

Un autre aspect du processus de réconciliation est la reconnaissance des traumatismes, des injustices et du non-respect des droits et responsabilités des peuples et communautés autochtones à l’égard du territoire. La conservation menée par les non-autochtones, incluant les gouvernements, des organisations et des personnes, n’a pas toujours été à l’avantage des communautés qui dépendaient de ces terres et y prospéraient depuis des temps immémoriaux.

Dans le contexte de la colonisation, l’exploitation du territoire, l’élimination de ses occupants autochtones et l’effacement de leur langue et culture étaient la priorité, l’objectif et, en grande partie, le résultat dans de nombreuses régions de ce que nous appelons aujourd’hui le Canada. Les colons ont apporté avec eux leurs propres idées et conceptions de la conservation qui ont été imposées aux peuples autochtones et ont eu un impact sur leurs relations avec le territoire. Les colons européens avaient l’impression que les terres ne pouvaient être protégées qu’en l’absence de toute présence humaine, une idée qui entrait en conflit avec les principes autochtones d’appartenance au territoire et de réciprocité.

Toutefois, nos discours et manières de travailler et de collaborer sur le territoire ont grandement évolué. Au Canada, la dynamique de la conservation des milieux naturels est en train de changer. De nos jours, les peuples autochtones font de plus en plus entendre leur voix et sont reconnus comme des intendants et des décideurs en matière de conservation des terres. Cette évolution est en grande partie attribuable à des initiatives à l’échelle du pays, dont les 94 appels à l’action présentés par la Commission de vérité et de réconciliation, et à l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Bisons des prairies, Old Man on His Back, Sask. (Photo de CNC)

Bisons des prairies, Old Man on His Back, Sask. (Photo de CNC)

Le partage de savoirs dirigé par les autochtones offert par des organisations, des Nations et des communautés qui sont au premier plan de la transformation du secteur de la conservation a influencé ce dernier au pays et continue de contribuer à orienter, à façonner et à faire évoluer les politiques qui ont un impact sur le territoire. Les peuples autochtones sont à la tête de ce changement sur le territoire, et contribuent à renforcer les approches traditionnelles et modernes de veiller sur les milieux naturels. Le seul moyen d’atteindre les objectifs de conservation à grande échelle nécessaires pour atténuer les effets des changements climatiques est de travailler avec les Autochtones et de les aider à mener des projets de protection des milieux naturels dans une perspective de décolonisation. Cela implique de respecter les savoirs et conceptions du monde des Autochtones, de soutenir leur leadership pour décoloniser le secteur de la conservation afin de soigner le territoire et les liens qu’ils entretiennent avec lui.

Les peuples autochtones croient au principe de réciprocité avec le territoire. Cette approche axée sur les relations a contribué à rétablir les liens sur et avec le territoire, lequel est lié à la communauté, aux modes de vie et à la culture des autochtones. Quand le territoire prospère, les autochtones et la population dans son ensemble en bénéficient tous.

Nancy Newhouse, v.-p. régionale de CNC en C.-B., fait une accolade à Kathryn Teneese, présidente du Conseil de la Nation Ktunaxa; fête pour la vallée Jumbo, C.-B. (Photo de Pat Morrow)

Nancy Newhouse, v.-p. régionale de CNC en C.-B., fait une accolade à Kathryn Teneese, présidente du Conseil de la Nation Ktunaxa; fête pour la vallée Jumbo, C.-B. (Photo de Pat Morrow)

Les organisations, gouvernements et personnes non autochtones ont la possibilité de contribuer au processus de réconciliation en soutenant les peuples autochtones de nombreuses manières, notamment par des efforts de conservation et de protection. Les aires protégées et de conservation autochtones (APCA) sont des sites naturels où les gouvernements, les communautés et les nations autochtones jouent un rôle de premier plan quant à la conservation et à la gestion des écosystèmes par l’entremise de lois, de la gouvernance et de systèmes de savoirs traditionnels autochtones. Ces lieux contribuent à renforcer les liens entre les Autochtones et leur culture, cette dernière étant profondément ancrée dans la terre. Ils sont un symbole de souveraineté autochtone.

Les APCA sont un élément essentiel du paysage de la conservation au Canada et contribuent à l’atteinte des objectifs en matière de biodiversité et de changements climatiques. Elles fournissent aussi aux nations une occasion de se réconcilier entre elles et favorisent la guérison par la terre entre les peuples autochtones et non autochtones. La conservation menée par les Autochtones dans le contexte des APCA est fondée sur des relations réciproques entre les humains et le territoire. Soutenir la conservation menée par les autochtones et la création d’APCA est la clé pour guérir les communautés, collaborer et contribuer à appuyer les droits, les responsabilités et la souveraineté des autochtones.

Revenir sur le passé et reconnaître les erreurs des non-autochtones fait partie de la voie à suivre pour la réconciliation. En effet, ce n’est qu’en reconnaissant ces erreurs, en rétablissant les relations et en travaillant selon le principe de réciprocité avec le territoire que nous pouvons commencer à aller de l’avant.

Liens d’intérêt (en anglais)

Decolonising Conservation Policy: How Colonial Land and Conservation Ideologies Persist and Perpetuate Indigenous Injustices at the Expense of the Environment

Decolonizing Conservation : A Reading List

Decolonizing conservation? Indigenous resurgence and buffalo restoration in the American West

Indigenous Protected and Conserved Areas (IPCAs), Aichi Target 11 and Canada’s Pathway to Target 1: Focusing Conservation on Reconciliation

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