Anax de juin (Photo de Nancy Norman, CC BY-NC 4.0)

Anax de juin (Photo de Nancy Norman, CC BY-NC 4.0)

Anax de juin

L’anax de juin est l’une des libellules les plus répandues et les plus communes de l’Amérique du Nord. Les scientifiques qui l’étudient commencent tout juste à comprendre sa longue migration, qui se déroule sur plusieurs générations. Au cours de cette migration, on a observé des déplacements atteignant 122 km en un seul jour et des vitesses dépassant 58 km à l’heure.

À quoi ressemble cette espèce?

L’anax de juin a un thorax court et épais et un abdomen long et mince, ce qui lui donne l’apparence d’une aiguille. Il mesure entre 6,8 et 8,4 cm (aussi gros qu’un colibri!) et a une envergure de 9 à 11,4 cm.

L’anax de juin a la face vert-jaunâtre, de grands yeux foncés ainsi qu’une tache foncée sur le dessus de la tête. Le mâle a le thorax vert foncé et l’abdomen bleu clair, tandis que la femelle et les juvéniles ont un abdomen vert plus pâle, rougeâtre ou brun. Une ligne foncée descend le long du côté supérieur de l’abdomen chez les deux sexes.

Où vit cette espèce?

Canadian distribution of common green darner (Map by NCC)

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L’aire de répartition de l’anax de juin couvre toute l’Amérique du Nord, de l’Alaska au sud du Canada et aux États-Unis. L’espèce est également présente au Mexique, à Cuba, dans les îles Caïmans, en Jamaïque, à Porto Rico, à la Barbade et dans les îles Hawaii.

L’habitat de l’anax de juin est varié et peut inclure les milieux humides intérieurs, les étangs, les lacs, les cours d’eau à débit lent, les zones arbustives (formation végétale d’arbustes ou d’arbrisseaux), les forêts et les prairies.

Une migration multigénérationnelle

L’anax de juin est l’une de 16 libellules migratrices d’Amérique du Nord. Comme le monarque, ces libellules migrent sur plusieurs générations, si bien que les individus qui reviennent au Canada au printemps sont les petits-enfants de ceux qui sont partis en automne.

En février, la première génération émerge du sud des États-Unis (et d’aussi loin au sud que le Mexique et les Caraïbes) et migre vers le nord, atteignant la Nouvelle-Angleterre et le Canada. Là, ils s’accouplent, pondent des œufs et finissent par mourir. Ensuite, leurs petits migrent vers le sud de juillet à octobre ou demeurent à l’état de nymphes pendant l’hiver, pour faire le voyage vers le sud l’année suivante. La troisième génération née dans le sud y passe toute sa vie, et ce sont ses enfants qui font le long voyage de retour vers le nord.

Très peu de chercheurs s’intéressent aux migrations des insectes et encore moins à celle de cette espèce. Cependant, des chercheurs de l’Université de Guelph (Ontario) ont suivi des anax de juin à l’aide de dispositifs fixés à leur abdomen. Ils ont ainsi pu estimer les distances et la vitesse de leurs trajectoires de vol. Les effets que la pluie et les températures changeantes peuvent avoir sur la vitesse de migration ont également été étudiés.

D’autres chercheurs ont analysé les isotopes de l’hydrogène, des signatures chimiques pouvant être approximativement situées le long d’un gradient nord-sud du continent, à partir d’échantillons d’ailes. Ces isotopes permettent aux chercheurs de déterminer approximativement dans quelle région l’insecte est né.

Quel est le statut de conservation de cette espèce?

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère l’anax de juin comme une préoccupation mineure. L’espèce est très répandue et ses populations sont saines dans l’ensemble de son aire de répartition. Les populations pourraient être affectées si les milieux humides qu’elles habitent étaient détruits ou si leur aire de répartition venait à changer à cause des changements climatiques.

Que fait CNC pour protéger l’habitat de cette espèce?

L’anax de juin se retrouve sur de nombreuses propriétés de Conservation de la nature Canada (CNC) à travers le pays. CNC protège les habitats des milieux humides favorisés par cette espèce, comme à l’île Wilson, en Ontario, dans la région du lac Supérieur. En garantissant un habitat sain à des insectes comme l’anax de juin, nous espérons que celui-ci continuera de prospérer à long terme.

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