Abeille (Photo de Donvirko/Pixabay)

Abeille (Photo de Donvirko/Pixabay)

Shodros niger (photo de Rob Craig, Ministère des Ressources naturelles et des forêts de l'Ontario)

Shodros niger (photo de Rob Craig, Ministère des Ressources naturelles et des forêts de l'Ontario)

Mygale obscure

La mygale obscure est une araignée discrète et difficile à observer. Quelques spécimens ont toutefois été récemment aperçus dans la réserve naturelle Hazel Bird, propriété de Conservation de la nature Canada (CNC), située dans les plaines du lac Rice, en Ontario. C’est la seule araignée du sous-ordre des mygalomorphes (mygales, tarentules...) présente en Ontario.

Description

Sa caractéristique la plus distinctive est la présence de crochets (chélicères) à l’avant de son corps. Comme c’est le cas pour plusieurs autres mygales, cette espèce est sans danger pour l'humain. Beaucoup plus petite que certaines de ses cousines des régions tropicales, la mygale obscure a la taille d’une pièce d’un cent et est de couleur noire.

Habitat

Canadian distribution of black purse-web spider (Map by NCC)

(Cliquez pour agrandir)

Des spécimens de mygale obscure ont été observés dans 17 sites différents en Ontario, et ce, de Windsor Nord jusqu’aux environs de Belleville. Cette araignée préfère généralement les prairies et les forêts ouvertes et herbeuses composées de jeunes pins et de chênes, ainsi que les sols bien drainés, comme le sable.

Cette araignée passe la plus grande partie de sa vie à l’intérieur d’un tube cylindrique qu’elle tisse avec sa toile. Elle enterre le tube dans le sol, camouflant l’entrée à l’aide de brindilles, de feuilles ou autres débris. Ces tubes sont si bien cachés qu’ils sont difficiles à repérer; c’est pourquoi le comportement de l'espèce demeure assez mystérieux pour les scientifiques.

Comment capture-t-elle sa proie ?

Lors de la fabrication du tube, l’araignée s’emploie à tendre la partie de la toile restée à découvert de manière à la fixer à un objet solide, comme un arbre ou une plante. La tension ainsi créée fait en sorte que la structure vibre lorsqu’un insecte s’y pose. Tout comme les autres araignées tisseuses de toile, la mygale obscure réagit immédiatement aux vibrations du tube en galopant vers ses victimes, qu’elle empale et paralyse au moyen de ses deux longs crochets. Elle consomme alors son repas, puis dispose des restes de l’insecte.

Accouplement

On connaît peu de chose sur l’accouplement de ces araignées. Il est cependant évident que ce sont les mâles qui recherchent les femelles. En effet, seuls des mâles ont pu être capturés à la sortie de leurs tubes, ce qui explique pourquoi les études sur la Sphodros niger ne comportent que des données sur les représentants de ce sexe. Les scientifiques savent cependant que chaque femelle donne naissance à un nombre de 50 à 80 petits qui, selon les observations, quitteraient leur mère vers le mois d’avril.

Statut de conservation

Les scientifiques mènent présentement des recherches en vue de déterminer si l’espèce est difficile à repérer parce qu’elle est menacée, ou simplement en raison de son comportement discret. Elle est toutefois classée vulnérable et son cas est susceptible d’être examiné par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Cela pourrait être bénéfique pour la mygale obscure, car d’autres études pourraient alors être menées en vue de confirmer son aire de répartition et son abondance. Peut-être qu’alors l’intérêt vis-à-vis d’une espèce appartenant à un groupe d’arthropodes et ne recevant que peu d’attention scientifique en Ontario pourrait s’accroître.

Quelles sont les mesures prises par CNC pour protéger cette espèce ?

CNC collabore actuellement avec le ministère des Ressources naturelles à intensifier la recherche sur la mygale obscure. CNC et l’équipe de chercheurs ont été particulièrement heureux de repérer cette espèce sur la réserve naturelle d'Hazel Bird. Dans le cadre d’une étude sur cette araignée, les scientifiques ont capturé un spécimen sur la propriété et l’ont envoyé au laboratoire d’analyse de l’ADN de l’université de Trent (Wildlife Forensic DNA Laboratory). L’information ainsi recueillie contribuera à éveiller l’intérêt du COSEPAC et du public sur le sort de cette petite araignée vulnérable.

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