Des solutions toutes naturelles

Lac alpin, Darkwoods, C.-B. (Photo de Bruce Kirkby)

Lac alpin, Darkwoods, C.-B. (Photo de Bruce Kirkby)

La propriété Darkwoods de CNC, en Colombie-Britannique, permet de démontrer comment des solutions fondées sur la nature peuvent réduire les émissions de carbone et atténuer les impacts des changements climatiques.

Par Brian Banks, journaliste et rédacteur pigiste

Si vous avez déjà volé à bord d’un hélicoptère, vous savez que cela fait grimper le taux d’adrénaline. Les choses deviennent toutefois encore plus intenses lorsque vous survolez une montagne située au beau milieu des 156 000 hectares (63 000 acres) de l’aire de conservation Darkwoods de Conservation de la nature Canada (CNC), puis redescendez vers une forêt pluviale intérieure tempérée, rare et ancienne, au fond de la vallée voisine. C’est à ce moment que la montée d’adrénaline se mêle à un sentiment de respect qui inspire des mots comme :

« Exaltant. » « Inestimable. » « Extraordinairement impressionnée. »

Ces mots sont ceux d’Elizabeth Willmott, à la tête du programme de carbonégativité de Microsoft Corporation, pendant et après sa visite de Darkwoods (du haut des airs et à pied), par une journée chaude et ensoleillée d’août dernier. Le rôle de Mme Willmott chez Microsoft, situé dans l’État de Washington, de l’autre côté de la frontière, est de concrétiser l’engagement de l’entreprise de devenir carbonégative d’ici 2030 en réduisant de plus de la moitié ses émissions de carbone et en éliminant le reste. Acheter des crédits carbone pour compenser les émissions actuellement inévitables s’inscrit dans cette stratégie. L’an dernier, cela incluait l’achat de crédits carbone dans le cadre du Darkwoods Forest Carbon Project, le programme de crédits carbone de CNC. Cette acquisition a fait de Microsoft l’un des plus grands acheteurs de crédits carbone de CNC à ce jour.

La visite de Darkwoods avait été organisée pour que Mme Willmott puisse voir par elle-même les caractéristiques naturelles extraordinaires de la propriété ainsi que l’important travail de conservation que son entreprise appuie. « Voir la superficie protégée est absolument exaltant pour nous », a-t-elle commenté.

Voilà un sentiment que partagent l’ensemble des personnes qui contribuent au projet Darkwoods, dont Rob Wilson, le directeur des finances en conservation de CNC : « Darkwoods est un projet d’impor- tance mondiale qui offre un habitat au grizzly, au carcajou, à la chèvre de montagne, à l’omble à tête plate [un poisson] et à des dizaines d’autres espèces animales et végétales menacées, et ce, tout en assurant sa connectivité à d’autres aires protégées. »

Le potentiel de Darkwoods explique pour beaucoup comment CNC a pu financer un projet de conservation d’une telle envergure et réduire les émissions de carbone qui auraient pu résulter de l’exploita- tion forestière intensive et du développement du site. « Si CNC ne l’avait pas acquise, la propriété aurait été fortement déboisée sur une période de 15 à 20 ans », explique Rob Wilson.

Selon les estimations, protéger les arbres de Darkwoods permet de continuer à stocker quelque 19 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2). Au cours du siècle à venir, cette propriété continuera de stocker une quantité considérable de carbone.

CNC a élaboré le projet Darkwoods avec une équipe d’experts et d’expertes dans le domaine pour s’assurer qu’il réponde aux exigences rigoureuses du Verified Carbon Standard (VCS), la principale norme internationale encadrant le marché volontaire des crédits carbone. Dans les faits, Darkwoods est le plus grand projet forestier de séquestration de carbone certifié VCS en Amérique du Nord. Depuis le lancement de son programme de crédits carbone en 2011, CNC utilise les fonds provenant de la vente de crédits pour aider à financer la gestion de la biodiversité à Darkwoods et pour d’autres projets.

« Notre mission première est de conserver ces terres et les espèces qui y vivent, explique M. Wilson. Ce projet de crédits carbone a vraiment permis d’appuyer nos objectifs en conservation. »



Cet extrait est tiré du numéro Été 2020 du Magazine Conservation de la nature Canada. Cette publication est offerte pour 1 an (4 numéros) aux donateurs qui contribuent 25 $ et plus. Cliquez ici pour faire un don >

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