Grande chauve-souris brune ou sérotine brune (Photo by Toby Thorne)

Grande chauve-souris brune ou sérotine brune (Photo by Toby Thorne)

Les chauves-souris de la forêt Happy Valley

Petite chauve-souris brune ou vespertilion brun (Photo de Toby Thorne)

Petite chauve-souris brune ou vespertilion brun (Photo de Toby Thorne)

Bien après le coucher du soleil dans la forêt de Happy Valley, des mammifères, parmi les plus petits au Canada, volent sans bruit dans la noirceur de la nuit. La grande chauve-souris brune, aussi appelée sérotine brune, et la chauve-souris argentée se déplacent d’un refuge à un autre, attrapant au vol leur repas d’insectes.

Ces mammifères souvent mal compris font face à plusieurs menaces, la plus néfaste étant le syndrome du museau blanc (SMB). Le SMB est associé à un champignon qui se répand rapidement dans les environnements froids, comme dans les dortoirs de chauves-souris. Il pousse sur le nez contaminé et sur d’autres parties du corps de la chauve-souris, incluant ses ailes. Ce syndrome n’est pas toujours visible à l’œil nu, mais ses effets sur les populations de chauves-souris sont clairs comme de l’eau de roche.

Actuellement, la présence de chauves-souris affectées par le SMB a été confirmée dans 31 États américains et 5 provinces canadiennes – Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Québec et Ontario. Des huit 8 espèces de chauves-souris trouvées en Ontario, 4 sont inscrites sur la liste des espèces en péril à cause du SMB (petite chauve-souris brune, chauve-souris pygmée, vespertilion nordique, pipistrelle de l’Est). La grande chauve-souris brune subit les effets du champignon, mais le syndrome ne semble pas être aussi grave chez cette espèce pour le moment. Les chauves-souris qui migrent vers le sud pour l’hiver ne sont pas touchées par le SMB; elles subissent toutefois d’autres menaces, comme la pollution lumineuse, le développement de lieux de loisirs et la perte d’habitats.

En protégeant des milieux naturels comme la forêt Happy Valley, CNC permet de créer des habitats viables où les chauves-souris peuvent hiberner, se nourrir et élever leurs jeunes. Toutes les chauves-souris de l’Ontario passent du temps dans les arbres. Les forêts matures représentent donc un habitat de la plus haute importance pour ces mammifères ailés. Certaines espèces, dont la grande chauve-souris brune et la petite chauve-souris brune, se réfugient dans de grands arbres morts encore debout (chicots). Ceux-ci se retrouvent typiquement dans de vieilles forêts matures comme celles trouvées à Happy Valley.

En plus de protéger des habitats essentiels pour la chauve-souris, CNC travaille avec le zoo de Toronto sur leur programme de conservation des espèces de chauves-souris indigènes. Ce programme assure le suivi des chauves-souris de l’Ontario afin d’en apprendre davantage sur leurs populations. Cet animal furtif est difficile à suivre, car il sort surtout la nuit et que ses refuges sont cachés. L’écholocalisation devient donc essentielle aux chercheurs qui étudient ces espèces mystérieuses.

La plupart des chauves-souris, incluant celles du Canada, utilisent l’écholocalisation pour repérer les objets à proximité (les obstacles comme les arbres, les édifices, les insectes et les autres chauves-souris). Les fréquences de leurs signaux sont si hautes qu’elles ne sont pas audibles par l’humain. À l'aide d'un appareil de détection acoustique, les biologistes peuvent enregistrer et analyser les signaux d’écholocalisation pour identifier les espèces de chauves-souris sans les voir. Grâce à ces inventaires acoustiques, la présence d’espèces comme les myotis, ainsi que la chauve-souris rousse et la chauve-souris cendrée, a récemment été démontrée dans la forêt Happy Valley.

CNC souhaite approfondir sa compréhension des chauves-souris de la forêt Happy Valley et des moyens pour mieux protéger leur habitat. D’autres recherches sont prévues afin de récolter plus d’information sur ces mystérieux mammifères. 

Au cours des 30 dernières années, CNC a protégé plus 3 500 acres (1 400 hectares) sur la moraine d’Oak Ridges, dont presque 773 acres (312 hectares) se trouvent dans la forêt Happy Valley. Ceci a été rendu possible grâce à plusieurs donateurs, dont le gouvernement du Canada par le Programme de conservation des zones naturelles.

Lien d'intérêt (en anglais)

Zoo de Toronto (programme de conservation des espèces de chauves-souris indigènes)

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