Barrage de castor, Clarendon, vallée de l'Outaouais (Photo de CNC)

Barrage de castor, Clarendon, vallée de l'Outaouais (Photo de CNC)

Le casse-tête des barrages à castors dans l’habitat de la tortue mouchetée

Tortue mouchetée (Photo de CNC)

Tortue mouchetée (Photo de CNC)

Adorables rongeurs pour certains, les castors peuvent donner de sérieux maux de tête aux propriétaires et aux municipalités qui doivent composer avec leurs barrages sur leur terrain. CNC est venu à leur rescousse grâce à une série d’ateliers de sensibilisation, aidant ainsi à la survie de la tortue mouchetée.

Le 9 novembre 2018, à Clarendon en Outaouais, quelques employés et membres du conseil d’administration municipal étaient réunis pour assister à une séance d’information visant à proposer des solutions alternatives au démantèlement des barrages de castors. Cet atelier était le dernier d’une série de six, organisée par Conservation de la nature Canada (CNC) tout au long de l’année.

Les castors érigent des barrages pour augmenter leur zone de ressources alimentaires et se protéger des prédateurs. En plus de régulariser, filtrer et épurer l’eau de ruissellement, ces milieux humides créés par les castors sont aussi utiles pour d’autres espèces : ils favorisent la nidification et l'alimentation des oiseaux aquatiques, et bénéficient aussi à plusieurs types de poissons, amphibiens, reptiles et même certains mammifères. Il y a quelques années, une étude sur le déplacement des tortues mouchetées, a permis de découvrir que plus de 90 % des habitats de la tortue mouchetée, une espèce désignée menacée au Québec depuis 2009, étaient des étangs créés, maintenus ou régularisés par les castors.

Barrage de castor, vallée de l'Outaouais (Photo de CNC)

Barrage de castor, vallée de l'Outaouais (Photo de CNC)

Malheureusement, aussi utiles soient-ils, ces barrages peuvent céder d’un coup et inonder terrains et infrastructures. C’est pourquoi, ils sont parfois détruits par les riverains. Cette solution, en plus de n’être efficace qu’à court terme – les castors reviennent construire leur barrage si l’environnement leur est favorable- est une menace pour la survie de la tortue mouchetée.

C’est ce qu’ont expliqué Milaine Saumur et Caroline Gagné, biologistes chez CNC, lors de la présentation. Des solutions d’aménagements alternatifs au démantèlement de barrage de castor ont été abordées, incluant notamment des structures préventives conçues pour empêcher les petits ponts de casser et l’installation d’un système de contrôle de niveau d’eau, en amont d’un barrage. En deuxième partie de l’atelier, le petit groupe est allé sur le terrain, guidé par Jean Fink, biologiste au Centre d'enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy inc. (CERFO), afin d’observer un système mis en place à l’automne 2018. La démonstration a permis de voir comment ce système fonctionne et de constater son efficacité.

« Nous avons trouvé la présentation et les mesures préventives décrites très logiques. Nous avons apprécié l'approche de CNC qui prenait en compte à la fois le bien-être de nombreuses espèces, mais également les droits et les préoccupations des propriétaires. Nous allons certainement explorer certaines de ces techniques dans le futur », a déclaré Patricia Hobbs, directrice générale de la municipalité de Clarendon.

Comme cette solution est assez dispendieuse (entre 3000 et 6000 dollars), CNC et le CERFO ont la possibilité d’obtenir du financement pour des projets non urgents localisés dans la zone d’habitat de la tortue mouchetée. Si la situation est urgente, le mot d’ordre est de consulter un expert local comme Éco-odyssée, Solution nature, Gesnat, ou des entreprises de gestion de la faune qui sauront mettre en œuvre des interventions adaptées à la situation.

Bien qu’il  n’ait pas été facile d’attirer des participants - au total, 12 citoyens et 33 personnes issues du monde municipal ont assisté aux ateliers au cours de l’année 2018-, leur réponse a été positive, il y avait de l’intérêt et des questions étaient soulevées. « Il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire, mais on espère que le message fera son bout de chemin », confie Milaine Saumur.

Au-delà de fin octobre, il n’est pas conseillé de toucher le niveau d’eau, car les animaux se préparent à l’hibernation, il faudra donc patienter pour espérer voir fleurir des aménagements. Mais en attendant, tous les participants obtiendront une trousse d’information résumant les principales notions abordées lors des séances et seront invités à remplir un questionnaire cet hiver, le même qu’ils avaient rempli avant l’atelier, afin de vérifier leurs connaissances, et ainsi mesurer l’impact de cette initiative.

Merci à nos partenaires :

Environnement et Changement climatique Canada via le Programme de fonds pour dommages à l’environnement
Fondation de la faune du Québec
US fish and wildlife service (NAWCA)
L’Équipe de rétablissement des tortues du Québec

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