île aux Cerfs et archipel des îles Jeannotte, Québec (photo de Claude Duchaîne)

île aux Cerfs et archipel des îles Jeannotte, Québec (photo de Claude Duchaîne)

À la rescousse du chevalier cuivré, un poisson unique au monde

Chevalier cuivré (photo de CNC)

Chevalier cuivré (photo de CNC)

Le chevalier cuivré est un poisson qui ne vit nulle part ailleurs au monde que dans quelques cours d’eau du sud-ouest du Québec. Cette espèce est officiellement en voie de disparition depuis 2007 en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril (LEP).

Ce gros poisson, dont la forme des écailles et la couleur cuivrée lui ont valu son nom, est un grand migrateur plutôt solitaire. Au printemps, les adultes remontent vers la rivière Richelieu pour regagner les deux seuls sites connus de frayère où ils se reproduisent, soit les rapides de Chambly et au pied du barrage de Saint-Ours. Conservation de la nature Canada (CNC) participe activement à la protection de ces zones en préservant les îles et rives du refuge faunique Pierre-Etienne-Fortin, ainsi que 15 kilomètres du lit de la rivière Richelieu, ce qui représente 12 pourcent de son territoire.

Les œufs et les jeunes chevaliers ne bénéficient d’aucun soin parental puisque la plupart des géniteurs quittent rapidement la frayère pour rejoindre les aires d’alimentation. Une fois éclos, les alevins, ou larves de poisson, trouvent refuge et nourriture dans les herbiers aquatiques, dont ceux de l’archipel des îles Jeanotte et aux Cerfs, site également protégé par CNC. Ces deux propriétés, qui forment un archipel de plus de 74 acres (30 hectares), sont les deux dernières îles de la rivière Richelieu à être inhabitées. Elles constituent ainsi un habitat essentiel pour la survie des jeunes chevaliers cuivrés.

Afin de l’aiguiller dans ses activités, CNC travaille activement en collaboration avec l’équipe de rétablissement du chevalier cuivré et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC). Au cœur des menaces qui affectent la survie de l’espèce, se trouvent la détérioration et la perte de son habitat. Pour pouvoir remédier à cette situation, outre l’acquisition, plusieurs activités d’intendance on été réalisées par CNC au cours des dernières années.

En effet, après avoir caractérisé les rives et rencontré plusieurs propriétaires riverains du Richelieu, CNC lançait en 2006 une campagne de renaturalisation des rives. Cette campagne se poursuit toujours à ce jour et vise à rencontrer les citoyens afin de les amener à effectuer des travaux sur leurs propriétés.

Dans les années à venir, ce projet s’exportera également dans le secteur des Îles Jeannotte et aux Cerfs, afin d’améliorer l’état des rives et la qualité de l’eau de la rivière Richelieu dans ces secteurs prioritaires pour la protection du chevalier cuivré et de sept autres espèces de poisson en péril. Puisque la survie du chevalier cuivré passe aussi par une information adéquate, CNC et ses partenaires ont installé des panneaux d’interprétation et placé des bouées pour renseigner la communauté sur la protection de cette espèce et prescrire de bonnes pratiques de navigation et de villégiature.

« Le chevalier cuivré est un porte-étendard de la biodiversité du Québec. Il en resterait seulement quelques centaines à quelques milliers et il est de notre responsabilité de le protéger », dit Nathalie Vachon, biologiste au MELCC et partenaire avec Conservation de la nature dans la protection et le rétablissement de l’espèce.

Une technique de reproduction artificielle a été mise sur pied en 2004. Chaque année, des géniteurs sont interceptés dans une passe migratoire. La fécondation est réalisée sur place et les jeunes sont élevés à la station piscicole de Baldwin-Coaticook en Estrie. Ils sont ensuite relâchés dans la rivière Richelieu en juillet et en septembre. Depuis 2004, environ trois millions d’alevins et 168 000 juvéniles ont été ensemencés. Mais compte tenu du taux de mortalité naturelle, une infime proportion parviendra à l’âge adulte.

« Nous travaillons fort pour que le taux de reproduction naturelle de l’espèce devienne un jour suffisant pour renouveler la population et assurer ainsi la pérennité de ce poisson emblématique du Québec », affirme Nathalie Vachon.

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