Ici on parle nature 2018 à Moment Factory (Photo de Martin Beaulieu)

Ici on parle nature 2018 à Moment Factory (Photo de Martin Beaulieu)

« La nature et moi » : une relation à cultiver

Montagnes Vertes, secteur Sutton (Photo de Guillaume Simoneau)

Montagnes Vertes, secteur Sutton (Photo de Guillaume Simoneau)

Pour bon nombre d’entre nous, notre rapport à la nature n’est plus ce qu’il était. En quoi cela affecte-t-il notre qualité de vie ? Comment concilier modernité et nature? Des experts ont exploré ces questions lors d’une conférence organisée à Montréal par Conservation de la nature Canada.


Un sondage mené au mois de septembre dernier par Ipsos pour Conservation de la nature Canada (CNC), a révélé que même si 87 % des répondants se disaient plus heureux lorsqu’ils se sentent connectés à la nature, 66 % ont déclaré y passer moins de temps aujourd’hui que dans leur jeunesse. Près des trois quarts des personnes interrogées ont expliqué qu’il est tout simplement plus facile de rester à l’intérieur.

Toute relation peut avoir ses contradictions. Celle que nous entretenons avec la nature n’échappe pas à la règle. Mais en prendre conscience est la première étape pour sortir de l’impasse, ou du moins, pour améliorer la situation. Nous savons qu’être en contact avec la nature est source de bien-être et pourtant nous en sommes de plus en plus éloignés, Pourquoi? Comment inverser cette tendance? Le 3 décembre dernier à Montréal, plusieurs experts se sont penchés sur ces questions à l’occasion du panel « Ici on parle nature », le dernier d’une série de conférences pancanadiennes organisées par CNC.

Qu’est-il arrivé à notre relation avec la nature? « Pour la grande majorité de l’histoire de l’humanité, nous avons étroitement vécu avec la nature, » lance Nathalie Zinger,  coordonnatrice générale, mobilisation en conservation, chez CNC.  Selon elle, pour la première fois de l’histoire moderne, nous tentons de nous dissocier de la nature. Au cours des récentes générations, notre population composée de fermiers, de pêcheurs et de bûcherons est devenue une population urbaine à 80 % et dont la vaste majorité reste rivée à un écran. «

Malheureusement, cette expérience de dissociation entre l'humanité et l'écologie est un échec pour la nature et pour les habitants de la planète», déclare-t-elle.

En effet, si 11 % de la superficie des étendues de terre et d’eau douce du pays fait maintenant partie d’un parc ou d’une aire protégée, la nature continue de perdre du terrain. Selon une autre paneliste, Delphine Acoca, responsable régionale à la Fondation TD des Amis de l’Environnement, nous avons tendance à sous-estimer les services que la nature nous rend. Les arbres par exemple, aident à absorber le CO2 produit par les combustibles fossiles, filtrent l’air que nous respirons, purifient l’eau que nous buvons, permettent de réguler la température et beaucoup d’autres choses.

Reconnecter pour mieux protéger

Quand on se demande ce qui contribue à nous éloigner de la nature, la technologie est parfois montrée du doigt. Or, d’après Éric Fournier, producteur exécutif chez Moment Factory, studio multimédia qui a notamment créé des parcours lumineux et interactifs en forêts, on fait fausse route en opposant les deux. Il raconte comment la technologie peut au contraire nous rapprocher de la nature. Le succès de Foresta Lumina à Coaticook en est la preuve.  « D’une projection de 7 000 visiteurs, ce sera finalement 10 fois plus qui y viendront la première année, dit-il. Nous recevons depuis des demandes de parcours lumineux partout sur la planète. Aujourd’hui, nous avons neuf Luminas en exploitation dont trois au Japon, deux ailleurs au Canada et quatre au Québec. » M. Fournier insiste sur le fait que se servir de la technologie pour nous rapprocher de la nature est notamment efficace auprès des plus jeunes.

On peut donc se reconnecter à la nature par le biais des technologies, mais aussi en procédant pas à pas, à notre rythme. Et ça peut être aussi simple que commencer par avoir une plante à la maison, s’en occuper, dit Delphine Acoca de la Fondation TD des Amis de l’Environnement. Selon elle, c’est aussi en s’y intéressant et en s’informant qu’on va avoir envie de faire des efforts pour préserver la nature.

Et si on en croit le dernier conférencier de la soirée, Bernard Voyer, aventurier et alpiniste, c’est en effet en observant la nature et en s’en inspirant qu’on peut trouver la force d’agir. Pour sa part, c’est tout petit en s’imprégnant des paysages du Bas-Saint-Laurent, que ses rêves de découvertes et d’aventures ont germé. Il trouve qu’on protège peut-être trop notre progéniture aujourd’hui : « Les jeunes sont des aventuriers nés, clame-t-il. Donnez-leur un sac à dos, emmenez-les en expédition, ne serait-ce que sur le Mont-Royal! » Et ainsi, incitez la future génération à chérir et protéger la nature, afin de lui redonner la pareille pour tous les bienfaits qu’elle nous procure.

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