Stratégies hivernales d’espèces d’oiseaux en péril

Goglu des prés (Photo de Bill Hubick)

Goglu des prés (Photo de Bill Hubick)

Par Kayla Ellis

Bien au chaud à l’intérieur pendant la saison froide, je repense souvent aux belles journées d’été et aux oiseaux aux couleurs vives envolés depuis longtemps vers des régions au climat plus chaud. Tout en rêvant de faire comme eux, je m’interroge sur les stratégies qui permettent à certaines espèces d’oiseaux en péril de survivre à nos célèbres hivers. Ces oiseaux méritent notre admiration. Avec un peu de chance, en apprendre plus sur leurs stratégies vous donnera envie d’enfiler vos vêtements les plus chauds et de sortir pratiquer des activités avec la même énergie que ces espèces déploient durant la saison froide. Explorons certaines de ces stratégies.

Goglu des prés (Photo de Bill Hubick)

Goglu des prés (Photo de Bill Hubick)

Le goglu des prés est en voie de disparition dans l’ensemble de son aire de reproduction, qui s’étend d’ouest en est dans le sud du Canada. Cette espèce niche à même le sol, ou à faible hauteur, dans les prairies, y compris dans les champs de foin cultivés. Elle est donc vulnérable aux variations dans le calendrier des activités agricoles, car ses nids peuvent être détruits par les récoltes. Le goglu des prés passe l’hiver en Bolivie, au Brésil, au Paraguay et en Argentine, et vole jusqu’à 20 000 km par année dans son aller-retour vers le Canada. C’est l’une des migrations les plus longues parmi celles de tous les oiseaux chanteurs de l’Amérique du Nord! Le goglu des prés amorce son voyage à la fin de juillet, faisant une halte dans le sud des États-Unis, où il change de plumage. Une fois sa mue terminée, il poursuit son périple jusqu’à la pampa, une prairie tempérée d’Amérique du Sud. Se regroupant en grandes volées, il se déplace d’un endroit à l’autre à la recherche de nourriture. Comme j’aimerais visiter la pampa et casser la croûte ici et là en Amérique du Sud comme le goglu des prés!

Paruline du Canada (Photo de Gerald Deboer)

Paruline du Canada (Photo de Gerald Deboer)

La paruline du Canada est inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition dans son aire de reproduction, qui s’étend sur l’ensemble des provinces et territoires, sauf le Nunavut et Terre-Neuve-et-Labrador. Au total, 85 % de la population reproductrice de cette espèce fréquente les divers types de forêts que l’on trouve au Canada. Même si les parulines du Canada ne séjournent chez nous que 2 mois par année, bon nombre d’entre elles dépendent de leur habitat au Canada pour survivre. La paruline du Canada passe l’hiver en Amérique centrale et en Amérique du Sud, dans des forêts tropicales matures situées en altitude, des forêts secondaires, et des plantations de café sous couvert forestier. La perte d’habitat est l’une des principales menaces qui pèsent sur cette espèce, tant sur ses sites de reproduction que sur ceux d’hivernage. À défaut de pouvoir vivre au Panama 10 mois par année, songez à faire une promenade au grand air, en n’oubliant pas d’apporter un café biologique (provenant d’une plantation sous couvert forestier).

Hibou des marais (Photo de Gregory Johnston)

Hibou des marais (Photo de Gregory Johnston)

Le hibou des marais est la dernière espèce que je souhaite vous présenter. Il s’agit d’une espèce qu’on trouve partout dans le monde, mais qui est en déclin au Canada, où elle figure sur la liste des espèces préoccupantes. Fortement nomade, ce hibou niche dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada. À l’instar du goglu des prés, le hibou des marais affectionne les prés, mais on le trouve également dans la toundra arctique, la taïga, les tourbières, les marais et les anciens pâturages. Une abondance de proies et la présence de vastes zones non perturbées sont les facteurs déterminants pour son habitat estival. Un couple reproducteur a besoin de 300 acres (121 hectares) pour se reproduire, soit l’équivalent d’environ 108 terrains de baseball. Robuste, ce hibou hiverne le long de la frontière sud du Canada ou migre vers les États-Unis et le Mexique.

Toutes les espèces présentées ici utilisent des stratégies complexes pour s’adapter aux fluctuations saisonnières de température et d’abondance de nourriture. Certaines parcourent de grandes distances pour fuir le froid, tandis que d’autres se réfugient plus près dans des régions où le climat est un peu plus chaud. Malgré leur vigueur, ces oiseaux ont tout de même besoin de notre aide. Ces trois espèces sont en péril en raison du déclin de leur population causé par la perte d’habitat. Le bénévolat et les dons versés aux organismes comme Conservation de la nature Canada (CNC) sont d’excellents moyens de conserver cet habitat. Si ces espèces vous ont inspiré à sortir à l’extérieur, impliquez-vous et songez à comment vous pourriez contribuer à leur survie.

Ce blogue a été financé par le Fonds d’intendance des espèces en péril.

 




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