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Acteur du changement

Rob Prosper voit la possibilité d’accélérer la conservation grâce aux aires protégées et gérées par les Autochtones

Pendant la première partie de sa carrière à Parcs Canada, Rob Prosper a vécu et travaillé dans des aires naturelles parmi les plus emblématiques au pays, comme la réserve de parc national Nahanni (T.N.-O). Dans ces lieux aux reliefs impressionnants et aux magnifiques cours d’eau, il remarque aussi comment les communautés qui s’y trouvent touchent celles et ceux qui les visitent.

« J’avais l’habitude de dire que les gens sont d’abord attirés par la géographie, explique Rob Prosper, et qu’ils repartent après avoir vécu une expérience culturelle; et que c’est ce qui marque le plus. »

Selon lui, les personnes qui visitent ces aires naturelles sont grandement touchées par les pratiques et les traditions des communautés autochtones qui y vivent depuis des temps immémoriaux, comme la Première Nation Dehcho de Nahanni. Il estime que ce contact avec la culture est important pour promouvoir l’idée d’une éthique de la conservation.

Directeur des Affaires autochtones et vice-président de l’établissement et de la conservation des aires protégées au bureau national de Parcs Canada, M. Prosper avait pour responsabilité de créer des relations significatives avec les peuples autochtones. Membre de la Première Nation d’Acadia, il raconte que sa relation avec les leaders autochtones l’a grandement inspiré en matière de conservation.

Récemment à la retraite, après 38 ans de carrière, il siège maintenant au Conseil d’administration de Conservation de la nature Canada (CNC) et explique ce qui l’a inspiré. « C’est un organisme qui contribue concrètement à la conservation et en tant que gestionnaire de terres, il favorise la création de liens avec les peuples autochtones. »

PROMOUVOIR LA CONSERVATION ET LA RÉCONCILIATION

M. Prosper était le responsable fédéral de l’initiative En route vers l’objectif 1 du Canada, mise en place par le gouvernement pour conserver 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures et 10 % des zones côtières et marines d’ici 2020. Le Canada vise maintenant à conserver 30 % des terres et des océans d’ici 2030.

Pour atteindre ces nouveaux objectifs, il croit qu’une approche globale et inclusive est nécessaire et voit un grand potentiel dans la collaboration avec les communautés autochtones.

« Les gains en conservation les plus importants que le Canada peut faire pour atteindre ses engagements internationaux sont au chapitre des aires protégées et de conservation autochtones, ce qui peut prendre plusieurs formes », explique-t-il.

Comme définies dans le rapport 2018 du Cercle autochtone d’experts, les aires protégées et de conservation autochtones (APCA) sont « des terres et des eaux où les gouvernements autochtones ont un rôle primordial à jouer dans la protection et la conservation des écosystèmes grâce aux lois, à la gouvernance et aux systèmes de connaissances autochtones. La culture et la langue sont l’âme et le cœur qui font vivre une APCA. 

Selon M. Prosper, ces aires favorisent la conservation tout en mettant à l’avant-plan la culture et les langues autochtones, ce qui est très prometteur. « Je doute qu’il y ait de manifestation plus éloquente de la réconciliation avec les Autochtones que leur autonomie en matière de gestion du territoire », déclare-t-il.

Partout au pays, CNC collabore à des projets avec des communautés autochtones. M. Prosper considère que l’expertise scientifique de l’organisme permet, par exemple, l’identification de zones riches en biodiversité, tandis que le savoir culturel et l’approche à double perspective des peuples autochtones favorisent une vision holistique de la gestion des terres et des eaux.

En réfléchissant à son propre lien avec la nature, M. Prosper se remémore ses expériences sur le terrain et les relations qu’il y a créées. « Découvrir Nahanni à travers le regard de la communauté de Nahanni Butte et de celui des Premières Nations Dehcho m’a grandement marqué », confie-t-il.

À Parcs Canada, M. Prosper a assuré la création de plusieurs aires protégées, notamment celles de l’Île-de-Sable (N.-É.), de Tallurutiup Imanga (Nunavut) et de Thaidene Nëné (T.N.-O.). Il habite maintenant le sud- est de l’Ontario avec sa famille et possède une ferme près de chez lui, ce qui lui permet de rester connecté à la terre. Rob Prosper cultive, tout en laissant les choses pousser un peu à l’état sauvage pour contribuer à la biodiversité. Il plaisante : « Je gère dorénavant ma propre aire de conservation. »

Cet article est tiré du numéro Été 2022 du Magazine Conservation de la nature Canada. Cette publication est offerte pour 1 an (4 numéros) aux personnes qui contribuent 25 $ et plus. Cliquez ici pour faire un don

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