Célébrons les années 2010 : une décennie de travail bénévole pour la conservation

Arrachage de genêts à balais par des bénévoles, île James, C.-B. (Photo de CNC)

Arrachage de genêts à balais par des bénévoles, île James, C.-B. (Photo de CNC)

Alors que les premiers signes du printemps apparaissent un peu partout au pays, la dernière décennie de travail des Bénévoles pour la conservation de Conservation de la nature Canada (CNC) nous revient en mémoire. Bien que nous ayons suspendu les activités bénévoles pour le moment, à la lumière de la pandémie de COVID-19, nous aimerions revenir en arrière et reconnaître le travail extraordinaire que nos bénévoles ont accompli au cours des dix dernières années, et ce, d’un océan à l’autre. Voici quelques histoires marquantes!

Atlantique : Corvées de nettoyage sur la côte Est

Nettoyage du rivage, île Brier, N.-É. (Photo de CNC)

Nettoyage du rivage, île Brier, N.-É. (Photo de CNC)

S’il y a une chose qui unit les Maritimes, c’est bien l’Atlantique et ses magnifiques côtes. L’enjeu mondial de la présence de déchets dans l’océan a été une préoccupation majeure au cours de la dernière décennie, avec des documentaires très médiatisés et primés comme A Plastic Ocean (en anglais) qui soulignent la gravité de ce problème.

Le Canada possède le plus long littoral au monde, dont une grande partie donne sur l’Atlantique. Au cours de la dernière décennie, les Bénévoles pour la conservation des provinces de l’Atlantique ont nettoyé des zones côtières sans relâche pour contribuer à protéger ces habitats des dangers que les déchets peuvent causer à la faune. Chaque année, plusieurs corvées de nettoyage du littoral ont eu lieu. L’impact des bénévoles a été énorme, car ils parvenaient parfois à amasser plus de 50 sacs d’ordures! Bien qu’une grande partie du travail de CNC et de ses bénévoles se fasse sur la terre ferme, son impact est majeur sur nos environnements côtiers, car il contribue à les garder plus propres et plus sains pour les générations futures.

Québec : Pourquoi la tortue a-t-elle traversé la route?

Tortue serpentine, prise de données (Photo de CNC)

Tortue serpentine, prise de données (Photo de CNC)

Les bénévoles pour la conservation le découvrent! Les collisions routières provoquant la mort d’animaux sont un problème majeur au pays. Quand on pense à ces accidents, on imagine de grands mammifères tels que l’orignal et le chevreuil, mais malheureusement, de nombreux petits animaux, comme les tortues, en sont également victimes.

Les tortues se reproduisent lentement et, lorsqu’elles y parviennent, beaucoup de leurs petits n’atteignent pas l’âge adulte. Au Québec, CNC a lancé un vaste projet de surveillance des tortues appelé Projet Carapace, dans le cadre duquel les citoyens rapportent leurs observations de tortues pour aider dresser un portrait de leurs déplacements. Ainsi, nous pouvons avoir une idée des endroits où ces populations se concentrent et où elles peuvent être menacées à cause des dangers causés par les humains. Il est donc très important de savoir où les tortues traversent et où elles sont victimes d’accidents de la route afin de contribuer aux efforts de conservation. Dans les zones dangereuses, par exemple, l’aménagement de passages pour les tortues sous les routes contribue à fournir une zone sécuritaire pour que ces espèces et tout autre petits animaux sauvages puissent traverser. Cet effort de protection des tortues serait impossible sans l’aide de « citoyens scientifiques » qui partagent leurs observations avec nous.

Ontario : Inventaire de petites bestioles à l’alvar Carden

Bénévoles à la recherche de libellules, Alvar Carden, Ont. (Photo de Leanne Gauthier-Helmer)

Bénévoles à la recherche de libellules, Alvar Carden, Ont. (Photo de Leanne Gauthier-Helmer)

Au cours des dernières décennies, les bénévoles pour la conservation ont joué un rôle essentiel dans l’amélioration des informations que nous détenons au sujet des populations de papillons et de libellules en Ontario. Les bénévoles ont capturé et identifié des espèces dans l’alvar Carden, un écosystème rare caractérisé par un sol mince couvrant une roche calcaire. Lors d’un inventaire d’envergure moyenne, les bénévoles dénombrent 2 815 papillons (le record étant de 8 327) et 1 365 libellules. Le nombre élevé d’insectes dénombrés, et le fait que l’inventaire se déroule sur le long terme, fournit suffisamment de données pour mieux comprendre les tendances quant à leur population et leur distribution. Les papillons et les libellules sont également des espèces indicatrices, ce qui signifie que leur nombre peut nous en apprendre beaucoup sur les changements dans leur écosystème. Ces données peuvent aussi nous indiquer si l’aire de distribution de certaines espèces s’étend vers le nord, en conséquence des changements climatiques. Ces connaissances permettent de mieux planifier la conservation en dressant un portrait de ce à quoi notre paysage devrait ressembler pour s’adapter à ces changements.

Avec les nouvelles technologies, les gens peuvent même continuer de fournir d’importantes informations, où qu’ils se trouvent! Les propriétés de CNC en Ontario, dont l’alvar Carden, ont été ajoutées à iNaturalist, une application de science citoyenne qui permet à tous de contribuer à la science à tout moment en enregistrant ses observations sur une espèce aperçues.

Manitoba : L’éducation, une voie à double sens basée sur la nature

L’impact du programme Bénévoles pour la conservation s’étend au-delà des propriétés de CNC; il a également des répercussions sur les bénévoles eux-mêmes. Cela est particulièrement vrai au Manitoba où le Manitoba Nature Education Program de CNC sert de complément éducatif qui permet à de jeunes bénévoles d’acquérir de l’expérience sur le terrain pour aider l’environnement. De présentations en classe à des excursions sur le terrain, les élèves sont amené(e)s à travailler bénévolement sur les propriétés de CNC et nous permettent ainsi d’atteindre nos objectifs de conservation. Les retombées et les partenariats qui résultent de ce programme d’éducation basé sur la gestion de la nature ouvrent la voie à d’autres projets passionnants tels que notre partenariat avec l’école hors campus de Waywayseecappo. Fondé sur un mélange de science occidentale et de savoirs traditionnels indigènes, le programme de cette école permet aux élèves d’obtenir des crédits scolaires tout en apprenant davantage sur le bénévolat et la conservation. Ce type de programme peut avoir un impact majeur sur les jeunes en les connectant à la nature et en inspirant certains à travailler un jour à la défense de l’environnement.

Saskatchewan : Le « pays au ciel vivant » devient plus sécuritaire pour les oiseaux

Bénévoles accrochant des étiquettes sur des clôtures, Sask. (Photo de Michael Bell)

Bénévoles accrochant des étiquettes sur des clôtures, Sask. (Photo de Michael Bell)

S’imaginer la nature de la Saskatchewan, c’est voir un vaste océan d’herbes ondulantes sous un ciel sans fin. Un endroit rêvé pour les oiseaux. Malheureusement, l’habitat des prairies figure parmi les écosystèmes les plus menacés au monde, et sa population ailée fait partie de celles dont le déclin est le plus rapide de l’Amérique du Nord.

Au cours de la dernière décennie, les bénévoles pour la conservation ont joué un rôle crucial dans la protection des oiseaux de prairie. En effet, l’installation de structures dans les prairies, comme des clôtures, peut nuire aux oiseaux qui y vivent. C’est pourquoi là où ce genre d’élément ne peut être enlevé, CNC et ses bénévoles sont à la recherche de moyens innovants pour diminuer le danger potentiel pour les oiseaux.

Un exemple de ce travail est l’installation d’étiquettes en plastique sur les clôtures afin d’éviter que les oiseaux qui volent à basse altitude, comme le tétras des armoises (une espèce menacée), ne s’y heurtent. Douze kilomètres de clôtures ont ainsi été marquées sur la propriété Wideview de CNC, et de nombreuses autres le seront bientôt. Un autre exemple est l’emploi de matériaux recyclés pour boucher l’ouverture des poteaux de clôture où les oiseaux chanteurs des prairies peuvent tomber. En effet, plus de 5 000 « bouchons » de clôture ont été installés dans l’aire de conservation des prairies patrimoniales Old Man on His Back. Les progrès réalisés par CNC en matière de protection des oiseaux des prairies et les efforts créatifs employés pour coexister positivement avec la nature ne seraient pas possibles sans l’aide de nos bénévoles.

Alberta : Travail d’équipe et hors-d'oeuvre vitaminés en Alberta

Partout au Canada se joue une longue et difficile bataille contre les espèces envahissantes. Comme dans tout combat, cette lutte peut être facilitée par des tactiques et la présence d’alliés créatifs. En Alberta, CNC s’est associé à la Lee Nature Sanctuary Society pour éliminer les mauvaises herbes envahissantes du Clifford E. Lee Nature Sanctuary, une propriété appartenant et gérée par Canards illimités Canada.

Bien que les bénévoles pour la conservation se livrent à ce combat depuis 2006, l’extirpation des mauvaises herbes n’est pas une tâche facile et mérite une bonne collation pour récompenser leurs efforts. C’est particulièrement vrai pour le chardon des champs, dont les graines peuvent rester dormantes et indétectables pendant 20 ans avant refaire surface.

De ce combat est née une tactique innovante visant à employer les espèces extirpées pour énergiser les bénévoles avec des hors-d’oeuvre succulents (recette disponible en anglais) qui sont très nutritifs et qui débordent de vitamines, de minéraux et d’antioxydants. Ainsi, les bénévoles font de l’exercice, se nourrissent d’un superaliment gratuit, tout en améliorant l’habitat d’espèces indigènes débarrassées de leurs envahisseurs! Les plantes envahissantes ne sont peut-être pas bénéfiques pour les écosystèmes indigènes, mais elles peuvent certainement l’être pour notre santé!

Colombie-Britannique : Progrès majeurs à la réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan

Résultat de l'extirpation de genêts à balais, Réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan, C.-B. (Montage CNC/Janel Saydam)

Résultat de l'extirpation de genêts à balais, Réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan, C.-B. (Montage CNC/Janel Saydam)

La réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan, dans le sud de l’île de Vancouver, abrite la seule espèce de chêne indigène à l’ouest des Rocheuses canadiennes. Elle est caractérisée par la présence d’anciens chênes noueux et de prairies couvertes de fleurs sauvages. Le climat subméditerranéen responsable des conditions météorologiques de cet écosystème rend cette région très attrayante pour le développement agricole et résidentiel. C’est pourquoi plus de 95 % des habitats du chêne de Garry sont disparus. Aujourd’hui, il ne reste que quelques petites enclaves de cet habitat, et celles-ci subissent la pression d’espèces envahissantes telle que le genêt à balais.

Les bénévoles pour la conservation travaillent sans relâche pour s’assurer que la réserve demeure un brillant exemple d’une de ces dernières étendues de cet habitat. Depuis l’an 2000, ils y travaillent presque chaque semaine. Beau temps mauvais temps, les bénévoles mènent différentes actions de conservation, comme la plantation d’espèces indigènes et l’élimination de plantes envahissantes, telles que le genêt à balais, le lierre commun, le houx commun et le daphné lauréole. L’impact du maintien en bonne santé d’un écosystème rare comme celui-ci est très important, car il abrite des espèces rares et menacées, comme la magnifique fleur du Tritéléia de Howell ainsi que l’emblématique merlebleu de l’Ouest. Cela nous permet également d’avoir un exemple vivant et en bonne santé de ce à quoi le sud-est de l’île de Vancouver aurait pu ressembler historiquement, ce qui par la suite influence l’utilisation des terres et leur conservation.

Regard vers l'avenir

Au cours de la prochaine décennie, déclarée Décennie de la restauration écologique par les Nations Unies, il y a beaucoup à accomplir. Le travail de conservation devient en effet de plus en plus important, et le rôle des bénévoles continue de prendre de l’ampleur. À la lumière de la situation actuelle entourant l’épidémie de la COVID-19, et dans un souci de prudence, Conservation de la nature du Canada reporte toutes les activités Bénévoles pour la conservation jusqu’à nouvel ordre. Nous sommes impatients de vous retrouver en action sur le terrain dès que ce sera possible.

Nous aimerions remercier la Canada Vie d’avoir aidé les Canadiens et Canadiennes à se rapprocher de la nature et d’avoir contribué à la protection des espèces et des habitats naturels de notre pays. Cette compagnie parraine le programme Bénévoles pour la conservation de CNC depuis 2012. Durant cette période, la participation à ce programme a doublé, passant de 1 500 à 3 000 bénévoles par an.

 

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