Milieu naturel des versants du mont Saint-Étienne (Photo de Corridor appalachien)

Milieu naturel des versants du mont Saint-Étienne (Photo de Corridor appalachien)

Salamandre sombre des montagnes (photo de Frédérick Lelièvre, gouvernement du Québec)

Salamandre sombre des montagnes (photo de Frédérick Lelièvre, gouvernement du Québec)

Salamandre de ruisseaux

Quels amphibiens sont dépourvus de poumons et dépendent de l’humidité de leur milieu naturel pour leur survie? Les salamandres de ruisseaux!

Dépourvues de poumons, elles respirent en absorbant l’oxygène par leur peau et par le palais. Pour que s’effectuent les échanges gazeux, elles doivent demeurer constamment humides.

À quoi ressemble-t-elle?

Nous dénombrons quatre espèces de salamandre de ruisseaux, chacune possédant des traits distinctifs. La salamandre sombre du Nord, de coloration foncée et avec le ventre pâle, peut atteindre 14 cm. La salamandre sombre des montagnes, d’environ 11 cm, a des motifs sombres en forme de chevrons sur son dos beige. La salamandre à deux lignes, de coloration pâle, se distingue par ses deux lignes noires partant des yeux et se rendant jusqu’au bout de sa queue. Elle peut atteindre environ 12 cm. La salamandre pourpre de couleur rosée ou tirant sur l’orangée a des mouchetures plus foncées et peut atteindre plus de 20 cm.

Où trouver cette espèce?

Les salamandres de ruisseaux vivent dans les petits cours d'eau, les dépressions humides et les sources qui jaillissent à flanc de colline. Pendant une période de sécheresse, certaines espèces peuvent s’enfouir jusqu’à 90 centimètres dans le sol afin de trouver l’humidité essentielle à leur survie. En saison humide, les salamandres s’aventurent parfois à quelques mètres des ruisseaux. Les salamandres juvéniles vivent quant à elles uniquement dans l’eau et respirent à l’aide de branchies, qui disparaissent à l’âge adulte.

Ces salamandres sont confinées à la partie supérieure des ruisseaux, là où l’eau s’écoule par intermittence. Les ruisseaux intermittents leur servent de sites de ponte, d’abris pour se protéger des prédateurs et d’endroits où se nourrir de petits invertébrés (larves, insectes, vers...). Ce n’est que rarement qu'elles se trouvent dans les parties plus basses, où l’eau qui coule en continu favorise la présence de certains prédateurs, dont l’omble de fontaine. D’autres animaux peuvent se nourrir de salamandres comme les couleuvres, les écrevisses et les oiseaux. Pour ce qui est de la salamandre pourpre, elle peut parfois devenir, dans cet environnement, un prédateur pour ses congénères de plus petite taille ! À l’approche de la saison froide, les salamandres de ruisseaux s’enfouissent dans la boue ou dans les interstices de la roche-mère afin d’hiverner à l’abri du gel.

Quel est le statut de conservation de cette espèce?

Amphibiens plutôt discrets, les salamandres de ruisseaux sont actives surtout la nuit et lors des journées pluvieuses. Elles sont très sensibles à tout changement qui affecte la quantité et la qualité de l’eau. Les modifications du débit d’un ruisseau ou l’assèchement d’un milieu humide causés par le drainage, le pompage ou le déboisement peuvent avoir un impact rapide et direct sur leur survie. De plus, la pollution de l’eau et la sédimentation peuvent entraîner la mort des larves de salamandres qui ont besoin d’une eau claire et bien oxygénée. Résultat : deux des quatre espèces de salamandres de ruisseaux sont considérées en péril au Canada.

Au Québec, Covey Hill abrite la plus grande variété de salamandres au Québec. Une dizaine d’espèces peuplent en effet ce territoire, notamment la salamandre sombre des montages qui ne vit qu’à deux endroits au Canada, soit au mont Covey Hill et près de l’escarpement de Niagara en Ontario. Le mont Hereford, en Estrie, abrite trois espèces de salamandres de ruisseau, soit la salamandre à deux lignes, la salamandre pourpre et la salamandre sombre du Nord.

Quelles sont les mesures prises par CNC pour protéger cette espèce?

CNC travaille à la protection des ruisseaux, des forêts et des milieux humides de la région de Covey Hill et au maintien leur intégrité écologique au profit des salamandres de ruisseaux. Un laboratoire naturel y a été établi; on y étudie différents aspects de l’environnement naturel, tels que l’hydrologie unique de la région, en partenariat avec plusieurs universités, dont l’Université du Québec à Montréal. CNC y coordonne l’ensemble des actions entreprises sur le terrain et travaille à la protection du territoire de part et d’autre de la frontière américaine avec la participation de The Nature Conservancy – Adirondack Chapter.  

Les habitats dont les salamandres de ruisseaux dépendent sont uniques et leur équilibre est fragile. Pour assurer la protection de ces espèces, le plan d’intervention déployé à Covey Hill et les recommandations émises doivent être appliqués à travers la province dans les milieux similaires où l’on retrouve ces petits amphibiens.

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