Papillon du céleri, dénombrement de papillons, plaines du lac Rice, Ont. (Photo de CNC)

Papillon du céleri, dénombrement de papillons, plaines du lac Rice, Ont. (Photo de CNC)

Aire naturelle des plaines du lac Rice

Réserve naturelle Hazel Bird, Ont. (Photo de Chelsea Marcantonio)

Réserve naturelle Hazel Bird, Ont. (Photo de Chelsea Marcantonio)

Quelle est l’importance de cet endroit?

Les collines ondulées de l’aire naturelle des plaines du lac Rice sont au cœur d’un paysage historiquement couvert de prairies à herbes hautes aujourd’hui presque entièrement disparues. Les hautes collines au sol sec et sablonneux de la moraine d’Oak Ridges offraient jadis des vues spectaculaires sur de grandes étendues de prairies à herbes hautes et de savanes à chênes dominées par de majestueux chênes des teinturiers et chênes blancs. Des graminées comme le barbon de Gérard, le faux-sorgho penché et le panic raide y atteignaient des hauteurs de plus de 2 mètres, et une grande diversité de fleurs sauvages s’y épanouissaient.

Aujourd’hui, ces écosystèmes de prairies à herbes hautes tempérées et de savanes à chênes ont presque totalement disparu. Ils ne couvrent plus que 10 % de leur superficie originelle en Amérique du Nord, et moins de 2 % en Ontario. De plus, ceux qui restent sont gravement fragmentés et envahis par des espèces non indigènes.

Chênes des teinturiers, plaines du lac Rice, Ontario (Photo de CNC)

Chênes des teinturiers, plaines du lac Rice, Ontario (Photo de CNC)

En quoi consiste le travail de CNC à cet endroit?

Depuis 2002, Conservation de la nature Canada (CNC) a contribué à diriger le Rice Lake Plains Partnership (RLPP), un partenariat auquel collaborent des propriétaires fonciers, la Première Nation d’Alderville, des organismes de conservation et les gouvernements, dans le but de protéger et de restaurer les plaines du lac Rice.

Par une combinaison de brûlages dirigés, de coupes et d’arrachage, CNC, ses partenaires et des bénévoles luttent contre l’envahissement de la prairie par des espèces qui ne devraient pas s’y trouver, dont l’envahissant pin sylvestre. Des zones de prairie et de savane à l’état naturel demeurent intactes et d’autres sont créées dans le cadre de projets d’ensemencement et de plantation. Nous utilisons des semis récoltés dans ces zones pour favoriser le retour des graminées et des fleurs sauvages indigènes. Nous espérons que ces efforts favoriseront un afflux d’espèces indigènes dans la région, par exemple des oiseaux et insectes des prairies. De nos jours, ces écosystème de prairies et de savanes de chênes ont presque disparu. Il ne subsiste que 10 % de leur superficie historique en Amérique du Nord, et moins de 2 % en Ontario. Ce qu'il en reste est fragmenté et envahie par des espèces non-indigènes.

Menaces

Le feu est perçu comme une menace pour la plupart des paysages. Dans le cas des prairies à herbes hautes et des savanes à chênes, c’est plutôt son absence ou sa suppression qui cause des dommages à ces écosystèmes en péril. En effet, des décennies de gestion des incendies ont permis aux arbres et arbustes de dominer ce qui était autrefois une prairie foisonnante. Sans les perturbations naturelles qu’occasionnent les feux, à la fois des espèces indigènes, et surtout des espèces envahissantes, ont commencé à prendre racine dans le paysage et à envahir les habitats du chêne des teinturiers, du chêne blanc, du barbon de Gérard et du panic raide. Des exotiques comme le pin sylvestre, le nerprun cathartique, le dompte-venin de Russie et d’autres espèces envahissantes ont aggravé le problème.

Croissant perlé (papillon), Plaines du lac Rice, Ont. (Photo de CNC)

Croissant perlé (papillon), Plaines du lac Rice, Ont. (Photo de CNC)

Avec l’aide de partenaires et de professionnels qualifiés, CNC a redonné au feu sa place dans les plaines du lac Rice. Chaque printemps, dans des conditions très spécifiques et étroitement surveillées, des membres du personnel d’intendance et des entrepreneurs y procèdent à des brûlages dirigés. Ceux-ci sont de faible intensité, ce qui signifie que les flammes restent près du sol et sont faciles à contrôler. On peut ainsi tuer les jeunes arbres et les arbustes qui commencent à s’installer dans les zones ouvertes, tout en laissant vivre les arbres matures comme les chênes des teinturiers et les chênes blancs. Cela prépare également le sol pour les espèces rares de fleurs sauvages et de graminées.

Histoire

Les plaines du lac Rice ont une longue histoire. Connu sous le nom de Pemadashdakota, ou « lac des plaines en feu », le lac Rice et ses environs sont d’une profonde importance culturelle et historique pour les peuples autochtones qui habitent toujours la région.

Dans ses écrits, la pionnière, écrivaine et naturaliste anglo-canadienne Catharine Parr Trail a décrit de manière saisissante cette prairie parmi les plus à l’est au Canada.

« On trouve, entre le lac Rice et le lac Ontario, une vallée profonde et fertile, entourée de hautes collines aux sommets boisés… Cette magnifique et pittoresque vallée est irriguée par de nombreux cours d’eau limpides… Les hautes collines entourant la vallée fertile… étaient couvertes d’un manteau de magnifiques castilléjies écarlates en fleurs. »
– Canadian Crusoes, Catharine Parr Trail, publié en 1852

Partenaires

La protection des plaines du lac Rice n'est pas quelque chose que nous pouvons faire seuls. Ce n'est que grâce à de solides partenariats que ce site unique pourra continuer à croître et à prospérer. CNC tient à remercier les partenaires suivants pour leur collaboration et leur généreux appui à ses efforts continus dans cette aire naturelle :

  • Alderville First Nation- Alderville Black Oak Savanna
  • Environnement et changement climatique Canada
  • Fleming College's School of Environmental and Natural Resource Sciences
  • Ganaraska Conservation
  • Lone Pine Land Trust
  • Lower Trent Conservation
  • Ministry of Natural Resources and Forestry
  • Northumberland County
  • Northumberland Land Trust
  • Parcs Ontario
  • Fondation Trillium de l’Ontario
  • Tallgrass Ontario
  • Willow Beach Field Naturalists

Travail avec les communautés autochtones

CNC collabore avec la Première Nation d’Alderville pour veiller sur les terres de la région et sur les espèces qui en dépendent. En plus du décompte de papillons et de la journée de prairie organisés annuellement avec la Première Nation, nous avons collaboré à cartographier la présence dans la région de plantes hôtes de l’hespérie tachetée, un travail qui contribue au rétablissement de ce papillon en péril dans les plaines du lac Rice.

Nous avons également collaboré à la collecte de graines de plantes indigènes dans le secteur. Celles-ci ont ensuite été transportées vers un autre site pour assurer la distribution adéquate des espèces et la création de populations stables de végétaux indigènes à travers les plaines du lac Rice.

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