Boisé Papineau, Laval, Qc (Photo de CNC)

Boisé Papineau, Laval, Qc (Photo de CNC)

Loup de l'Est (Photo de Manuel Henriques)

Loup de l'Est (Photo de Manuel Henriques)

Loup de l'Est

Le temps hivernal est glacial au Parc Algonquin en Ontario. Au milieu de l’un des nombreux lacs gelés du parc gisent les restes d’un cerf. Un pygargue à tête blanche tournoie au-dessus de la carcasse, puis vient se poser gracieusement à côté de la bête inerte, tandis qu’un loup de l’Est s’éloigne rapidement et  silencieusement. Une scène rare, admet Dan Kraus, directeur des sciences de la conservation à  Conservation de la nature Canada (CNC) en Ontario. La plupart ne font qu’entendre le carnivore furtif, explique-t-il. Rares sont ceux qui ont la chance de l’apercevoir ne serait-ce qu’un instant.

Les biologistes ont longtemps cru que le loup de l’Est était une sous-espèce du loup gris. Toutefois, des analyses génétiques ont démontré que deux espèces distinctes de loup vivent en Ontario : le loup gris et le loup de l’Est. Fait à noter, le loup de l’Est est génétiquement plus près du loup roux de Caroline du Sud que de son cousin canadien.

Plus petit que les autres loups, le loup de l’Est a un poids se situant entre 20 et 35 kilogrammes. Errant dans les forêts des régions québécoise et ontarienne du Saint-Laurent et des Grands Lacs, ce canin de couleur fauve chasse principalement le cerf de Virginie et l’orignal. Étant donné la perte de son habitat et des activités de chasse et de trappe, il est aujourd’hui une espèce préoccupante (pour de plus amples renseignements sur les définitions touchant les espèces en péril, visitez le www.conservationdelanature.ca/especesenperil.

Canadian distribution of eastern wolf (Map by NCC)

(Cliquez pour agrandir)

La possibilité d’accouplement du loup de l’Est avec des coyotes pourrait également représenter une menace à l’intégrité génétique de l’espèce. Selon Kraus, cette possibilité constitue un défi unique en ce qui a trait à la conservation.

« Le défi est de déterminer si nous avons véritablement affaire à des loups de l’Est purs, une espèce en péril, ou à des spécimens issus d’un croisement entre loups et coyotes, ce qui est plus commun », explique-t-il.

CNC, en Ontario, travaille à protéger l’habitat principal du loup dans l’aire naturelle de l’Arche Frontenac. « L’Arche Frontenac est l’un de nos plus importants projets de connectivité.

Elle fait partie du corridor montagneux Algonquin-Adirondack », explique Kraus. S’étendant du parc Algonquin au parc Adirondack dans l’État de New York, ce corridor faunique est essentiel, car il relie la forêt boréale aux Appalaches.

Kraus insiste sur l’importance de ce corridor et sur la nécessité de coordonner les efforts de conservation déployés des deux côtés de la frontière, de manière à ce que « notre travail s’harmonise avec ce qui se fait du côté américain ».

À l’exception d’empreintes et de selles, Kraus n’a encore aperçu aucun loup dans l’Arche Frontenac. En maintenant des liens interfrontaliers et en travaillant à accroître le nombre des terres protégées de l’aire naturelle de l’Arche Frontenac, CNC et ses partenaires contribuent à faire en sorte que le loup de l’Est puisse jouir du territoire dont il a besoin pour errer et survivre.

Nom scientifique : Canis lycaon
Poids: 20 à 35 kg
Taille de la meute : 3 à 6 adultes en moyenne
Autres noms : Loup du parc Algonquin
Domaine vital : Peut atteindre jusqu’à 500 km2
Aire de répartition : L’aire actuelle s’étend sur 210 000 km2 environ, ce qui représente 42 pour cent de l’aire initiale au Canada.
Situation selon le COSEPAC : espèce préoccupante, aux échelles provinciale et nationale.
Le saviez-vous : Le parc Algonquin en Ontario organise régulièrement des événements « hurlements de loup » qui permettent aux visiteurs d’entendre les sons obsédants des meutes de loups de l’Est qui vivent dans le parc.

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