Black Bay, Lac Supérieur, Ont.(Photo de Costal Productions)

Black Bay, Lac Supérieur, Ont.(Photo de Costal Productions)

Esturgeon jaune (photo d'Eric Engbretson, avec l'aimable autorisation du USFWS)

Esturgeon jaune (photo d'Eric Engbretson, avec l'aimable autorisation du USFWS)

Esturgeon jaune

Quelle espèce indigène de l’Ontario possède une peau coriace et recouverte de plaques, et a survécu plus de 200 millions d’années? Un dinosaure serait la réponse qui vous viendrait peut-être à l’esprit, mais ce n’est pas la bonne réponse.

C’est l’esturgeon jaune, un fossile vivant de dame nature.

Statut de conservation

Bien qu’il ait vécu parmi les dinosaures et survécu à leur extinction, cette espèce d’esturgeon d’eau douce a eu moins de chance dans sa cohabitation avec l’être humain. Tout près de subir le sort des dinosaures en raison de la surpêche et de la dégradation de son habitat, l’esturgeon jaune profite maintenant d’un rétablissement presque aussi imposant que sa taille.

Quelles menaces guettent cette espèce?

Canadian distribution of Lake sturgeon (Map by NCC)

(Cliquez pour agrandir)

L’un des problèmes majeurs auquel se heurte l’esturgeon jaune est la fragmentation de son habitat et, de là, les efforts qu’il doit déployer pour se rendre à sa frayère et en revenir en raison d’obstacles, comme les barrages.

Quelles sont les mesures prises par CNC pour protéger cette espèce?

Le rôle de Conservation de la nature Canada (CNC) dans le rétablissement progressif de l’esturgeon jaune dans les Grands Lacs commence par un examen de la situation dans son ensemble.

« Il ne suffit pas de gérer une rivière ou un lac pour conserver ou rétablir la population d’esturgeons jaunes », explique Dan Kraus, directeur de la science de la conservation à CNC.

Grâce au financement de la Fédération canadienne de la faune, CNC collabore avec la Nottawasaga Valley Conservation Authority à l’étude des comportements migratoires de l’esturgeon jaune afin de mieux reconnaître les obstacles qui se trouvent sur son parcours.

Il s’agit d’un problème important que l’on doit régler pour assurer le rétablissement de l’esturgeon jaune, car il s’agit d’une espèce migratrice, au même titre que les oiseaux migrateurs. Comme ses amis ailés, l’esturgeon jaune migre vers son lieu d’origine pour se reproduire. Il utilise une signature chimique qui l’aide à reconnaître une rivière ou un lac familier, lui permettant ainsi de migrer vers le même endroit tout au long de sa vie.

« Certains efforts ont été déployés pour restaurer l’habitat de l’esturgeon jaune. Je crois que la meilleure contribution que CNC puisse apporter au rétablissement de cette espèce consiste à améliorer son habitat et à s’assurer qu’elle y a accès, précise M. Kraus. Notre projet principal actuellement en cours cible la rivière Nottawasaga, car on y trouve l’une des populations les plus viables d’esturgeons jaunes subsistant dans le sud de l’Ontario. »

En fait, on a observé cette espèce bien connue mais menacée dans le cadre d’un projet de CNC le long de la rivière Nottawasaga, dans la réserve naturelle des milieux humides de Minesing.

M. Kraus admet que l’esturgeon jaune n’est pas uniquement une curiosité qui soulève l’intérêt des biologistes. « D’un point de vue humain, c’est une expérience tout simplement extraordinaire, ajoute-t-il. Se tenir au bord d’une rivière et observer des centaines de poissons centenaires* venir y frayer, c’est là une expérience que je souhaite que mes enfants vivent eux aussi. »

 La femelle de l’esturgeon jaune peut vivre jusqu’à 150 ans.

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