Nuages surplombant Waterton, Alb. (photo de Karol Dabbs)

Nuages surplombant Waterton, Alb. (photo de Karol Dabbs)

Projet du parc Waterton

Fleurs sauvages sur Pine Ridge, Alb. (photo de Bob Lee)

Fleurs sauvages sur Pine Ridge, Alb. (photo de Bob Lee)

Les personnes voyageant vers le Sud à partir de Pincher Creek (Alberta) se souviennent du trajet à destination du parc national des Lacs-Waterton comme l’un des plus magnifiques au Canada. Lorsque vous vous rapprochez de l’entrée du parc, vous voyez d’abord les Rocheuses se dessiner au loin, des terres agricoles ondoyantes et de douces crêtes. Petit à petit, les montagnes se rapprochent, jusqu’à ce que vous aperceviez la vallée de la rivière Waterton, entourée de montagnes au Sud et à l’Ouest, presque à portée de main. Les montagnes se trouvent à l’intérieur des limites du parc, mais la forêt-parc de trembles qui s’étale devant vos yeux est constituée de propriétés privées, presque exclusivement utilisées pour les activités d’élevage.

Valeurs de conservation

Cette région est un habitat de première importance pour le grizzli et l’ours noir, le couguar, le loup, l’orignal, le wapiti, le cerf de Virginie et le cerf-mulet. Les Rocheuses représentent un corridor migratoire vital pour ces espèces. La chaîne de montagnes est étroite à cet endroit et ces animaux ont besoin de plus d’espace que ce qui est actuellement protégé par le parc. D’autre part, ces espèces préfèrent vivre la majeure partie de l’année dans cette région, à l’extérieur du parc, beaucoup plus productive que les terres en haute altitude.

Heureusement pour elles, les propriétaires de ranchs qui prennent soin des terres autour du parc, de génération en génération, sont des intendants attentionnés. Leur utilisation durable des terres a permis à bien des espèces de s’y épanouir.

Menaces

Ce paysage d’une beauté remarquable est de plus en plus convoité par ceux qui voudraient y vivre et y pratiquer leurs loisirs.

Historique du projet

Au fil des ans, des pressions constantes ont été exercées pour subdiviser les propriétés et y construire des maisons de vacances et des immeubles en copropriété. La valeur marchande des terres augmentait, et bien que les propriétaires de ranchs et autres propriétaires fonciers aient tout fait pour protéger les aires ouvertes, cette tâche était devenue presque impossible.

Conservation de la nature Canada (CNC) a découvert cette région, alors qu’elle déployait ses efforts de protection en Alberta. En 1997, une importante section de terrain fut mise en vente aux limites du parc national des Lacs-Waterton. La propriété, qui comprend un lac servant d’habitat au cygne trompette, correspondait en tout point à ce que recherchaient les promoteurs immobiliers. CNC savait qu’il s’agissait d’une priorité de conservation urgente et cruciale.

Au cours des années suivantes, CNC, soutenu par la W. Garfield Weston Foundation, a travaillé de concert avec les propriétaires fonciers pour négocier des ententes qui les aideraient à protéger leurs terrains à long terme, soit par un achat direct ou par l’entremise de servitudes de conservation.

Collaboration avec les propriétaires de ranch

Pour plusieurs propriétaires de ranch, la décision de concéder des servitudes de conservation sur leurs terres ne fut pas chose facile. Dans certains cas, jusqu’à trois générations au sein d’une même famille durent en arriver à une entente. La flexibilité était nécessaire de part et d’autre pour garantir le succès du projet. Certaines familles ont vendu une partie de leur terre à CNC pour ensuite la louer. Les inquiétudes concernant la gestion des terres et des droits d’accès ont également été discutées, avant que les servitudes ne soient concédées ou les terres acquises.

Grâce à la vision de nos partenaires et à l’engagement à long terme des propriétaires de ranch de la région, plus de 100 kilomètres carrés (soit 32 000 acres ou 13 000 hectares) de cette magnifique région sont désormais protégés à perpétuité.

Blaine Marr, un propriétaire de ranch possédant des terres à la limite du parc, a confié, lors d’un entretien au Calgary Herald : « Notre terre est un endroit unique. Nous avons appris à la gérer au cours des trois dernières générations et je voulais qu’elle demeure dans son état actuel. »

Kathy Flundra, du ranch Shoderee, a vendu une partie du ranch familial à CNC pour ensuite la lui louer; elle expliquait ainsi sa décision au Lethbridge Herald : « C’était un moyen de dégager des liquidités pour permettre à mes parents de prendre leur retraite. C’était une option financière qui permettait en même temps de garder la terre à son état naturel. »

Le garde de parc en chef Bill Dolan se fait le porte-parole de l’heureux voisin, le parc national des Lacs-Waterton, établi en 1895 et déclaré site du patrimoine mondial en 1995. Dolan répète que l’élevage complète le travail de conservation entrepris par le parc pour protéger l’habitat des ours et des autres espèces sauvages, puisque les animaux peuvent aller au-delà des limites du parc.

Partenaires pour la conservation

Le partenaire de longue date de CNC, la W. Garfield Weston Foundation, a joué un rôle crucial dans la réussite du projet du parc Waterton. Lorsque les membres de la Fondation ont été informés de la situation de la zone adjacente au parc, ils ont rapidement accepté de contribuer à l’achat du lac Horseshoe et de la centaine d’acres l’entourant. Ils ont ensuite pris l’initiative d’explorer, de concert avec CNC, d’autres façons de protéger les valeurs naturelles de la région et le mode de vie des éleveurs de bétail. Ce fut là le début de l’une des plus importantes initiatives privées de conservation dans l’histoire du Canada : le projet du parc Waterton.

« La W. Garfield Weston Foundation a été la réelle force motrice du projet du parc Waterton », explique John Lounds, président et chef de la direction de CNC. « Nous avions déjà travaillé avec elle sur différents projets au pays et nous savions à quel point elle était engagée à l’égard de la conservation. Mais c’est la Fondation qui a compris les besoins de Waterton et ce que nous étions en mesure d’y accomplir. C’était une occasion que nous ne pouvions laisser passer. Le paysage était en transformation, et ce qui faisait de Waterton une région si unique risquait d’être perdu à jamais. »

Le 23 juin 2004, une fête communautaire a eu lieu au ranch Jenkins, au cœur du parc Waterton, pour célébrer la réussite du projet et reconnaître les contributions versées, notamment un don important de John et Barbara Poole, de l’Alberta. C’est un accomplissement qui protégera le mode de vie des familles qui élèvent du bétail dans cette région depuis trois ou quatre générations et la faune qui y vit depuis des siècles.

Prix Émeraude pour l’excellence environnementale

Le projet du parc Waterton, ce joyau écologique du sud-ouest de l’Alberta, a reçu en 2007 le prix Émeraude pour l’excellence environnementale.

La famille Weston, par l’entremise de la W. Garfield Weston Foundation, John et Barbara Poole et la section régionale de CNC en Alberta, ont été les corécipiendaires du prix Émeraude, en reconnaissance de leurs efforts conjoints de conservation consacrés au projet du parc Waterton.

« Notre famille est très fière d’avoir joué un rôle important dans la protection de ce joyau de notre patrimoine naturel », précise Mark Mitchell de la W. Garfield Weston Foundation. « Cela illustre ce qu’il est possible de réaliser en matière de conservation lorsque des particuliers, des fondations familiales et des organisations non gouvernementales travaillent ensemble. »

Visite du projet

La W. Garfield Weston Foundation a de nouveau démontré son engagement à l’égard de la conservation, de l’éducation et de la communauté en commanditant le centre de conservation de la famille Weston. Le centre offre aux visiteurs la chance de découvrir les particularités uniques de cette région et de circuler sur le sentier d’interprétation autonome de 1 kilomètre de Waterton Springs, où ils peuvent explorer le site et comprendre l’importance écologique de la région.

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