La forêt-parc à trembles

La forêt-parc à trembles en automne, Saskatchewan (photo de Don et Karol Dabbs)

La forêt-parc à trembles en automne, Saskatchewan (photo de Don et Karol Dabbs)

La forêt-parc à trembles, en plus d’offrir un paysage unique, est dotée d’une riche histoire.

À la fin des années 1850, John Palliser dirigea une expédition de repérage dans l’ouest du Canada afin d’explorer les différentes voies envisageables pour la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. Il baptisa la région la plus sèche des Prairies le triangle de Palliser, et la décrivit dans son rapport comme un lieu « désertique ou semi-désertique, qui jamais ne pourra être occupé par des pionniers ».

Formant un arc autour du triangle de Palliser, la forêt-parc à trembles crée une bande de terre noire riche et fertile, qui encercle la zone asséchée. Il n’est pas surprenant que des fermiers venus d’Europe aient choisi de s’installer à cet endroit et d’y implanter des terres agricoles. Aujourd’hui, la majorité de la superficie de cette écorégion est composée de terres arables. En fait, il est estimé que moins de dix pour cent des habitats naturels de l’écorégion sont toujours intacts, alors que les 90 pour cent restant  auraient pour la plupart été convertis en terres agricoles.

L'habitat

Constituant la plus importante zone de transition au monde entre la forêt boréale au nord et les prairies au sud, la forêt-parc à trembles s’étend en arc depuis le sud-ouest du Manitoba vers le nord-ouest à travers la Saskatchewan jusqu’à sa limite septentrionale, dans le centre de l’Alberta. Grâce à son climat favorable et à son sol de terre noire, tiède et fertile, cette écorégion possède les terres agricoles les plus productives des Prairies.

Comme il s’agit d’un écosystème de transition (ou écotone), la forêt-parc à trembles permet la survie d’une plus grande diversité d’espèces. À de nombreux endroits, les trembles poussent sur des inclinaisons faisant face au nord et dans des dépressions où s’accumule l’humidité, alors que les herbages poussent au sommet des collines ou sur des pentes plus sèches faisant face au sud. La plupart des pairies à fétuque qui subsistent au Manitoba se trouvent d’ailleurs dans cette écorégion.

Les aires naturelles de la région constituent un lieu de convergence où se rencontrent des espèces et des habitats du nord, de l’ouest et de l’est du Canada. De grands mammifères viennent y arpenter les vallons, les collines boisées, les vallées, les prés, les lacs et les milieux humides.

Vers le sud et vers l’ouest, le nombre de trembles diminue jusqu’à ce que ceux-ci ne forment plus que de petits bosquets ; plus loin encore, ils  ne poussent plus finalement que dans des dépressions et sur des pentes faisant face à l’est et au nord, où l’humidité subsiste.

Quelles sont les espèces d’arbres de cette écorégion? 

À l’état naturel, la forêt-parc à trembles comprend : 

  • des peupliers faux-trembles ;
  • des chênaies ;
  • des arbustaies hautes mixtes ;
  • des prairies discontinues à fétuque.

La majorité des sites comporte également des sections plus clairsemées avec des peuplements d’arbustes et de peupliers faux-trembles.

Les espèces

La forêt-parc à trembles renferme les aires de reproduction situées les plus au nord pour de nombreuses espèces de parulines et abrite certains des habitats de reproduction d‘oiseaux aquatiques parmi les plus vastes et les plus productifs du continent.

Elle est essentielle à la survie d’une longue liste d’espèces fauniques, y compris plusieurs espèces en péril comme la pie-grièche migratrice, la paruline à ailes dorées et le pic à tête rouge.

La région constitue également une aire de reproduction importante pour les oiseaux aquatiques en plus d’offrir un habitat à diverses espèces, comme :

  • la pie d’Amérique ; 
  • le lapin à queue blanche ;
  • le coyote ;
  • le spermophile de Franklin ;
  • le gaufre gris ;
  • le renard roux ;
  • le tétras à queue fine ;
  • le lièvre d’Amérique ;
  • le cerf de Virginie.

Que fait CNC pour protéger cet habitat?

La forêt-parc à trembles est l’un des lieux où se concentre principalement le travail de Conservation de la nature Canada (CNC) dans les provinces des Prairies.

En 2013, CNC en collaboration avec Forêts TD, a permis la protection de la propriété Maymont 5, située en Saskatchewan.

Pour en savoir davantage à propos de la propriété Maymont 5 >

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